Andy Burnham s'apprête à prononcer ce lundi à Manchester un discours majeur, le premier depuis qu'il a officiellement lancé sa campagne pour devenir Premier ministre. Selon les extraits communiqués par son équipe, le maire de la région du Grand Manchester doit y annoncer la création d'une structure baptisée « No 10 North », chargée de stimuler la croissance « dans toutes les nations et régions du Royaume-Uni ».
Dévolution comme pilier central
Dans son intervention, Burnham devrait déclarer que son gouvernement serait porté par une « mission de dix ans » pour élever le niveau de vie des Britanniques et présenter des mesures ciblées sur l'emploi des jeunes. Il entend ainsi « redonner à la Grande-Bretagne la place qui lui revient ».
Le candidat à la direction du Labour doit également fustiger le faible niveau de confiance du public envers la classe politique et promettre que les décisions soient « repoussées vers les régions et les communautés locales ». Il s'engage à garantir « une bonne croissance dans chaque code postal ».
Maintien des règles budgétaires de Rachel Reeves
Burnham a indiqué qu'il respecterait les règles budgétaires édictées par la chancelière de l'Échiquier sortante, Rachel Reeves, qu'il est pressenti pour remplacer. Ces règles imposent que les dépenses courantes de l'État soient financées par les recettes fiscales et non par l'emprunt, et prévoient une baisse de la dette rapportée au revenu national d'ici la fin de la législature en 2029-2030.
Ce respect apparent des contraintes budgétaires intervient dans un contexte de pressions financières fortes sur le gouvernement et de coûts d'emprunt élevés, qui laissent peu de marge de manœuvre à tout futur locataire du 10 Downing Street.
Lors d'une conférence à Londres le 25 juin, Rachel Reeves a exhorté Burnham à conserver sa ligne économique, jugeant qu'elle « commençait à porter ses fruits », tout en approuvant sa démarche en faveur d'une « dévolution fiscale ».
Appels à desserrer l'étau budgétaire
Certains députés travaillistes de l'aile gauche du parti réclament au contraire un assouplissement des règles fixées par Reeves afin d'autoriser davantage de dépenses publiques.
Pression sur la défense
Par ailleurs, Burnham est sommé de clarifier ses intentions en matière de dépenses militaires. Le gouvernement doit publier son plan d'investissement pour la défense (DIP) avant que le successeur de Sir Keir Starmer ne prenne ses fonctions. Ce document détaillera une augmentation pluriannuelle du budget.
L'ancien chef d'état-major de la Défense, l'amiral Sir Tony Radakin, a appelé dimanche Burnham à s'engager pour une hausse des dépenses de défense à 3,5 % du PIB d'ici 2035 s'il devient Premier ministre, lui rappelant qu'il aurait « une responsabilité extraordinaire, presque comme un Premier ministre en temps de guerre ».
Réactions de l'opposition
Le président du Parti conservateur, Kevin Hollinrake, a dénoncé un discours qui, selon lui, « ne fait que déplacer le pouvoir entre politiciens » sans aborder les réformes sociales, la baisse des impôts ou le financement de la défense. Il y voit « la politique de la distraction d'un Parti travailliste qui évite délibérément les questions qui comptent vraiment ».
Un porte-parole de Reform UK a jugé que les annonces prévues étaient « beaucoup de mots pour aucun changement concret ».