Le capitaine de l’équipe de France, Kylian Mbappé, fait l’objet d’une tendance insolite sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes comparent le footballeur à Mobutu Sese Seko, l’ancien président du Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) connu pour son régime autoritaire et son culte de la personnalité. La comparaison a donné naissance à un surnom, « Mobut », qui a fini par être adopté par ses propres coéquipiers en sélection.

Une mode née sur la toile

Les images générées par intelligence artificielle montrant Mbappé vêtu d’un costume militaire, coiffé de la célèbre toque en léopard de Mobutu, ou donnant des ordres à ses partenaires et aux arbitres, pullulent sur les plateformes. Ce phénomène, qui a émergé dès 2022, a connu une recrudescence notable pendant la Coupe du monde 2026, actuellement disputée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Les publications humoristiques, souvent accompagnées de commentaires moqueurs sur son emprise dans le vestiaire des Bleus, ont largement circulé.

L’humour comme bouclier

Plutôt que de s’offusquer, les membres de l’équipe de France ont choisi de rire de cette comparaison pour le moins décalée. Selon plusieurs témoignages, le capitaine lui-même participe à la blague. Il aurait lancé à ses coéquipiers : « Appelle-moi Mobut ! », transformant le sobriquet en un clin d’œil entre joueurs. Le sélectionneur Didier Deschamps, connu pour son management paternaliste, n’aurait pas non plus manifesté d’opposition à ce divertissement interne, qui soude le groupe dans un contexte de compétition intense.

Les racines d’une analogie

L’origine de ce surnom tient à l’attitude de Mbappé sur le terrain et en dehors. L’attaquant de 27 ans, reconnu pour son fort caractère et son leadership parfois jugé autoritaire, est souvent présenté comme le véritable chef de la sélection. Sa propension à donner des consignes, à réprimander ses partenaires ou à peser sur les décisions tactiques a alimenté l’image d’un joueur qui « règne » sur les Bleus. Les internautes ont fait le parallèle avec Mobutu, dictateur qui régna d’une main de fer sur le Zaïre de 1965 à 1997.

Une réappropriation de la blague

Le phénomène « Mobut » illustre la capacité des sportifs de haut niveau à détourner les moqueries pour les transformer en outil de cohésion. En reprenant à leur compte cette comparaison, les Bleus désamorcent la critique tout en renforçant leur folklore vestimentaire. Quelques joueurs ont même été aperçus en train de mimer des poses impériales lors de séances d’entraînement, dans une ambiance détendue.

Un précédent dans le football

Ce n’est pas la première fois que des footballeurs sont associés à des figures autoritaires. Par le passé, d’autres joueurs charismatiques ont reçu des surnoms similaires, mais rarement un meme avait été adopté aussi directement par l’équipe. Le cas Mbappé montre à quel point internet et le vestiaire peuvent se nourrir mutuellement, créant des phénomènes culturels éphémères mais marquants.

Un pari pour l’image ?

Si la blague est bien acceptée en interne, elle n’est pas sans risque pour l’image de Mbappé. Le rapprochement avec un dictateur, même sur le ton de l’humour, pourrait être mal perçu par certains publics, en particulier dans les pays africains ayant souffert du régime de Mobutu. Le joueur, qui s’est investi dans de nombreuses causes humanitaires, semble toutefois considérer ce sobriquet comme une simple facétie sans conséquence.

En attendant, le surnom « Mobut » continue de vivre sa vie sur les réseaux sociaux et dans les chambres d’hôtel des Bleus, preuve que même en pleine compétition, l’autodérision reste une arme redoutable.