L'engouement suscité par la Coupe du Monde 2026 pousse plusieurs États à adapter leurs législations et leurs services publics, afin de répondre à l'effervescence populaire qui accompagne chaque match.
Des jours fériés décrétés après des exploits sportifs
En Amérique du Sud, deux victoires retentissantes ont entraîné des décisions gouvernementales inédites. Après que l'Équateur a battu l'Allemagne 2-1 lors de la phase de groupes, le président Daniel Noboa a instauré un jour férié national, évoquant sur les réseaux sociaux « l'immense joie apportée à tout le pays » par l'équipe masculine. Quelques jours plus tard, le Paraguay est parvenu à éliminer l'Allemagne aux tirs au but, un exploit encore plus marquant. Son président, Santiago Peña, a également proclamé un jour férié, déclarant : « Aujourd'hui, un pays tout entier célèbre. »
L'Australie et le Royaume-Uni adaptent transports et horaires
Dans l'hémisphère Sud, où les décalages horaires compliquent le suivi des rencontres, les autorités australiennes ont pris des mesures concrètes. À Sydney, un match crucial de l'équipe nationale contre l'Égypte est programmé à 4 heures du matin. Pour permettre aux supporters de se rendre dans les lieux de diffusion, le ministre des Transports de Nouvelle-Galles du Sud, John Graham, a annoncé que les lignes de métro de la ville fonctionneraient sans interruption durant la nuit de vendredi à samedi. « Nous continuerons à offrir des transports supplémentaires pour les plus grandes nuits de Sydney, y compris la prochaine étape de la Coupe du Monde lorsque nous gagnerons samedi matin ! », a-t-il affirmé dans un communiqué.
Au Royaume-Uni, la ferveur est également à son comble. Le roi Charles a approuvé un jour férié en Écosse le 15 juin pour marquer le retour de l'équipe écossaise en phase finale masculine pour la première fois depuis 1998. Par ailleurs, à l'approche d'un match à enjeu élevé de l'Angleterre contre le Mexique, le Premier ministre Keir Starmer a indiqué que les pubs seraient exemptés de l'heure de fermeture habituelle de 23 heures et pourraient rester ouverts jusqu'à 5 heures du matin. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, il a souligné que regarder le match dans un pub était « formidable » et bénéfique pour les établissements.
Débats autour de la scolarisation le lendemain des matchs
Le coup d'envoi de la rencontre Angleterre-Mexique étant fixé à 1 heure du matin, des voix se sont élevées pour demander une flexibilité dans les horaires scolaires. Le secrétaire général du syndicat national des enseignants britannique, Daniel Kebede, a estimé qu'en cas de baisse de fréquentation le lundi matin, il espérait que les écoles ne seraient pas sanctionnées. L'entraîneur de l'Angleterre, Thomas Tuchel, a quant à lui conseillé aux parents de « rédiger une excuse pour l'école » et de laisser leurs enfants regarder le football. Cependant, la ministre de l'Éducation, Bridget Phillipson, a refusé de se prononcer en faveur d'une absence généralisée, déclarant : « Je ne vais pas faire de demandes aux parents concernant l'heure du coucher. Ils peuvent décider ce qui est le mieux pour leur famille. Mais s'il vous plaît, essayons de faire venir nos enfants à l'école le lundi aussi. »
Un phénomène mondial qui illustre la place grandissante du soccer
Ces mesures, qui vont de la proclamation de fêtes nationales à l'extension des horaires d'ouverture des bars, en passant par le renforcement des transports publics, témoignent de la capacité de la Coupe du Monde à mobiliser les foules et à influencer les agendas politiques. Si les États-Unis, en tant que pays hôte avec le Canada et le Mexique, ont vu leur engouement local se renforcer, l'onde de choc du tournoi se propage bien au-delà du continent nord-américain. Les décisions prises par les gouvernements étrangers reflètent une reconnaissance officielle de la passion populaire pour le soccer, un sport qui gagne en importance sur la scène mondiale.