L’enquête sur la violente agression survenue le 8 juin 2023 dans le parc du Pâquier, à Annecy, a franchi une étape judiciaire décisive. Abdalmasih Hanoun, ressortissant syrien âgé d’une trentaine d’années au moment des faits, a été renvoyé devant la cour d’assises des mineurs – ou, selon les précisions apportées, une cour criminelle départementale – pour répondre de tentatives d’assassinat. Ce choix procédural intervient après que les juges d’instruction ont bouclé leur travail et estimé que les charges sont suffisamment graves pour justifier un procès criminel.
Les faits et leur contexte
Ce jour-là, vers 9 h 45, Abdalmasih Hanoun s’en est pris à plusieurs personnes rassemblées dans l’espace vert situé en bordure du lac, fréquenté par des familles. Armé d’un couteau, il a blessé six individus : quatre enfants en bas âge et deux adultes. Le pronostic vital de deux des tout-petits avait été jugé engagé dans les heures qui ont suivi. L’assaillant a été maîtrisé et interpellé sur place par les forces de l’ordre, peu après l’alerte donnée. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, avait confirmé l’arrestation et précisé que le suspect était de nationalité syrienne.
Profil du mis en cause
Abdalmashis Hanoun était arrivé en France en situation régulière et avait sollicité l’asile en novembre 2022. Entre-temps, il avait obtenu le statut de réfugié en Suède en avril 2023. Marié et père d’un enfant de 3 ans, il ne figurait dans aucun fichier de police national ou international au moment des faits, et aucun trouble psychologique documenté n’avait été relevé dans son dossier. Lors de son arrestation, il portait une croix et un livre de prière chrétien ; dans sa demande d’asile, il s’était déclaré chrétien de Syrie. Ces éléments, rapportés par des sources proches de l’enquête, ont nourri les investigations sur ses motivations.
La réaction politique
Le président de la République, Emmanuel Macron, avait immédiatement dénoncé une « attaque d’une lâcheté absolue ». Dans un message publié sur son compte officiel, il avait écrit : « La Nation est sous le choc. Nos pensées les accompagnent ainsi que leurs familles et les secours mobilisés. »
La qualification retenue
Les magistrats instructeurs ont retenu la qualification de tentatives d’assassinat, c’est-à-dire des tentatives de meurtre avec préméditation. Ce choix juridique conduit à un renvoi devant une cour d’assises ou une cour criminelle départementale, selon les modalités propres à la procédure française pour les crimes les plus graves lorsqu’ils impliquent un mineur ou un jeune majeur au moment des faits. L’audience devrait se tenir dans les semaines ou mois à venir, sans qu’une date précise n’ait encore été communiquée.