Plus de deux ans après les faits, la procédure judiciaire liée à l’attaque au couteau du 8 juin 2023 à Annecy franchit une étape décisive. Abdalmasih Hanoun, le principal suspect, a été renvoyé devant la cour d’assises pour tentatives d’assassinat, ont indiqué des sources proches du dossier. La décision émane des juges d’instruction chargés de l’enquête, qui ont estimé que l’intéressé « était possiblement atteint de trouble n’ayant pas aboli mais altéré son discernement » lors de l’agression.

Le déroulement des faits

Le 8 juin 2023, en milieu de matinée, un homme s’était introduit dans le parc du Pâquier, situé en bordure du lac d’Annecy, en Haute-Savoie. Armé d’un couteau, il avait attaqué plusieurs personnes, visant en priorité des jeunes enfants. Bilan : quatre enfants en bas âge et deux adultes blessés. Le pronostic vital de deux des enfants avait été engagé dans les heures qui avaient suivi. L’assaillant avait été interpellé peu après par les forces de l’ordre, comme l’avait alors confirmé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Profil du suspect

Né en Syrie et se déclarant chrétien, Abdalmasih Hanoun était entré en France en situation régulière. Il avait déposé une demande d’asile dans l’Hexagone en novembre 2022. Toutefois, il avait obtenu le statut de réfugié en Suède en avril 2023, quelques semaines avant l’attaque. Marié et père d’un enfant de 3 ans, il ne figurait dans aucun fichier de police au moment de son arrestation et aucun trouble psychologique n’était alors documenté. Lors de son interpellation, une croix et un livre de prière chrétien avaient été retrouvés sur lui.

La réaction de l’exécutif

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, avait immédiatement réagi sur les réseaux sociaux en dénonçant une « attaque d’une lâcheté absolue », ajoutant que « la Nation est sous le choc » et adressant ses pensées aux victimes, à leurs familles et aux secours.

Les suites judiciaires

Avec ce renvoi aux assises, l’affaire entre dans une phase criminelle. Les juges d’instruction ont retenu la qualification de tentative d’assassinat, ce qui implique une préméditation alléguée. L’altération du discernement – sans abolition – ouvre la voie à un procès où la responsabilité pénale du mis en cause sera débattue, mais où une peine atténuée n’est pas exclue si cette altération est confirmée par la cour. La date du procès n’a pas encore été fixée.