Un discours au pied des présidents
Le 4 juillet 2026, à l'occasion du 250ᵉ anniversaire de l'indépendance des États-Unis, le vice-président J. D. Vance s'est exprimé au Mont Rushmore, dans le Dakota du Sud. Devant une foule nombreuse, il a vivement critiqué les détracteurs du pays, qu'ils soient étrangers ou nationaux. « Nous ne nous excuserons jamais d'être américains », a-t-il déclaré, fustigeant ceux qui remettent en cause l'histoire et les valeurs des États-Unis. Ce discours s'inscrit dans une série d'interventions de l'administration Trump visant à réaffirmer un récit patriotique traditionnel.
La réponse aux critiques historiques
Le vice-président a notamment visé les historiens et intellectuels qui, selon lui, cherchent à « déconstruire » le passé américain en mettant l'accent sur les injustices raciales et les contradictions fondatrices. « On nous dit que notre pays est né dans le péché, que ses héros étaient des oppresseurs », a-t-il ajouté. « Mais nous savons que l'Amérique a toujours été une force pour la liberté dans le monde ». Cette prise de position intervient alors que l'Organisation des historiens américains a récemment dénoncé un « assaut » de l'administration Trump contre la discipline historique, reprochant à l'exécutif de promouvoir une vision sélective et idéologique du passé.
Trump dénonce une « nouvelle offensive »
Quelques instants plus tard, le président Donald Trump a lui aussi pris la parole. Il a évoqué une « nouvelle offensive contre l'identité américaine » menée par des « élites déconnectées » et des médias hostiles. Le chef de l'État a appelé à « défendre notre histoire contre ceux qui veulent la réécrire ». Selon lui, les célébrations du 250ᵉ anniversaire doivent être un moment d'unité nationale autour des principes fondateurs, et non de division. Ces propos ont été applaudis par les partisans présents, mais ont suscité des critiques de la part de l'opposition démocrate, qui y voit une instrumentalisation politique de la fête nationale.
Un contexte de tensions mémorielles
Les discours du 4 juillet interviennent dans un climat de vives controverses autour de la mémoire nationale. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a multiplié les initiatives visant à valoriser une histoire américaine « positive », notamment en rétablissant des statues de figures confédérées et en créant une commission pour « préserver le patrimoine patriotique ». En parallèle, plusieurs États et universités ont poursuivi des efforts de révision historique, provoquant des réactions contrastées. L'organisation des historiens américains a qualifié la politique mémorielle de l'administration d'« offensive systématique contre la recherche historique rigoureuse ».
Un hommage aux symboles nationaux
Le Mont Rushmore, avec ses gigantesques sculptures des présidents Washington, Jefferson, Roosevelt et Lincoln, a été choisi comme cadre symbolique pour ces célébrations. Le site, situé dans les Black Hills du Dakota du Sud, est considéré par certains comme un monument de la grandeur américaine, tandis que d'autres rappellent qu'il a été taillé dans une montagne sacrée pour les tribus sioux Lakota. J. D. Vance a cependant insisté sur le caractère unificateur du lieu : « Ici, quatre grands hommes nous rappellent ce que nous pouvons accomplir quand nous croyons en notre destinée commune ».
Réactions partisanes et suites
Les opposants démocrates ont dénoncé un « détournement » de la fête nationale. La porte-parole du parti, interrogée en marge des cérémonies, a estimé que « le 4 juillet ne devrait pas être une tribune pour attaquer ceux qui ont une lecture différente de notre histoire ». Plusieurs organisations de défense des droits civiques ont également exprimé leur inquiétude face au discours du vice-président, y voyant une tentative de réduire au silence les voix critiques. Les manifestations prévues dans plusieurs grandes villes américaines, notamment à New York et à Los Angeles, se sont déroulées sans incident majeur.
Les célébrations officielles doivent se poursuivre tout le week-end, avec des feux d'artifice et des concerts dans tout le pays. Pour l'administration, ces moments sont l'occasion de renforcer le sentiment patriotique à un an des élections législatives de 2027. Le débat sur l'interprétation de l'histoire américaine, lui, semble loin d'être clos.