Un rassemblement pour lancer la campagne

Le député européen Raphaël Glucksmann a tenu son premier meeting de campagne pour l’élection présidentielle, rassemblant plusieurs centaines de personnes à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Devant ses soutiens, il a affirmé vouloir « ramener la gauche au pouvoir », tout en déroulant les grandes lignes de son projet, qu’il présente comme une rupture avec les politiques menées ces dernières décennies.

« Redonner à la France sa liberté et sa souveraineté »

Le candidat a placé son discours sous le signe de la souveraineté économique et politique. « Redonner à la France sa liberté et sa souveraineté », a-t-il lancé, promettant de tourner le dos au « dogme du libre-échange généralisé ». Dans le détail, il propose de conditionner les importations à des clauses de réciprocité sociale et environnementale, et de mettre en place des « préférences communautaires » pour protéger les filières stratégiques françaises et européennes.

Protection des industries et relance du « produire en France »

Glucksmann a également insisté sur la nécessité de reconstruire une base industrielle solide. Il a annoncé un plan de réindustrialisation ciblé sur les secteurs de l’énergie, de la santé, de l’agroalimentaire et du numérique. Ce plan passerait par un fonds souverain alimenté par l’emprunt et par une obligation pour les marchés publics de privilégier des fournisseurs européens.

Un verdissement accéléré du parc automobile

Dans le volet environnemental, l’orateur a dévoilé une mesure phare : l’accélération du verdissement du parc automobile français, avec un objectif de sortie du moteur thermique pour les véhicules neufs d’ici 2035. Il a lié cette transition à une politique de « justice sociale », via des aides directes à l’achat de véhicules propres destinées aux ménages les plus modestes.

Services publics et investissements sociaux

Le candidat a aussi détaillé des engagements en matière de services publics : revalorisation des salaires des fonctionnaires, recrutement massif dans l’Éducation nationale et la santé, et création d’un « service public de la petite enfance ». Il a par ailleurs promis de revenir sur la réforme des retraites qu’il juge injuste, sans préciser de calendrier.

Une gauche de gouvernement face aux divisions

Sans attaquer directement les autres formations de gauche, Glucksmann a plaidé pour une « gauche de gouvernement », capable de coaliser au-delà des clivages partisans. Il a appelé à « sortir des querelles d’appareil » pour construire un projet majoritaire, tout en maintenant une ligne sociale-démocrate assumée, distincte des positions plus radicales de certains concurrents.

Les premières réactions

Plusieurs personnalités politiques ont réagi au meeting. Certains élus socialistes ont salué « un programme cohérent et ancré dans les attentes des Français », tandis que des voix écologistes ont estimé que les mesures environnementales restaient « insuffisantes » sans un engagement fort sur la sortie du nucléaire. Du côté de La France insoumise, on a dénoncé « un programme qui reste trop libéral sur le fond », malgré les annonces protectionnistes.

Un début de campagne sous pression

Ce meeting intervient alors que la campagne présidentielle s’accélère et que Raphaël Glucksmann tente de s’imposer comme le candidat crédible de toute la gauche. Les sondages le placent en troisième ou quatrième position, derrière les candidats de la majorité sortante et du Rassemblement national, mais devant d’autres prétendants socialistes ou écologistes. Son entourage affiche sa confiance : « Nous sommes en train de créer une dynamique, le terrain est avec nous. »