Raphaël Glucksmann a tenu son premier meeting de campagne ce vendredi 13 juin à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, devant plusieurs centaines de militants. L’ancien député européen, qui se présente comme le candidat de la gauche sociale-démocrate à l’élection présidentielle de 2027, y a dévoilé les grandes lignes de son programme, centré sur la reconquête de la souveraineté économique et la fin du libre-échange généralisé.

Un discours de rupture commerciale

Prenant la parole devant une salle comble, Raphaël Glucksmann a martelé la nécessité de « redonner à la France sa liberté et sa souveraineté ». Il a promis de rompre avec ce qu’il qualifie de « dogme du libre-échange », estimant que la politique commerciale actuelle a affaibli l’industrie française et exposé le pays à des dépendances stratégiques. « Je veux ramener la gauche au pouvoir », a-t-il lancé, assurant que son projet économique vise à protéger les travailleurs et à relocaliser les productions essentielles.

Dans le détail, le candidat a proposé l’instauration d’une « préférence nationale » dans les marchés publics et un renforcement des mécanismes de contrôle des investissements étrangers dans les secteurs jugés stratégiques. Il a également plaidé pour une révision en profondeur des traités commerciaux européens, afin de permettre à la France de mieux défendre ses industries face à la concurrence internationale.

Verdissement du parc automobile et transition écologique

Au chapitre environnemental, Raphaël Glucksmann a annoncé un plan de verdissement accéléré du parc automobile français. Il souhaite que l’État soutienne massivement la production de véhicules électriques sur le territoire et impose des normes strictes aux constructeurs automobiles. Ce volet s’inscrit dans une ambition plus large de neutralité carbone à l’horizon 2050, avec des investissements dans les énergies renouvelables et la rénovation thermique des logements.

Une candidature qui se veut crédible

Alors que plusieurs sondages le donnent en troisième position des intentions de vote pour le premier tour, derrière Marine Le Pen et Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann s’est efforcé de projeter une image de rassembleur. Il a appelé à l’union de toutes les forces de gauche autour de son projet, tout en critiquant implicitement les divisions qui ont affaibli la gauche ces dernières années.

« Il est temps de revenir à une politique qui protège, qui planifie et qui redonne confiance », a-t-il déclaré, en référence aux années de crises successives. Son entourage indique que ce meeting constitue le premier d’une série de rendez-vous réguliers jusqu’à l’élection, visant à incarner une alternative crédible face à la majorité sortante et à l’extrême droite.

Prochaines étapes

Raphaël Glucksmann doit désormais préciser les modalités de financement de ses propositions, notamment la réforme des retraites qu’il souhaite abroger, et les contreparties exigées en matière de justice sociale. Plusieurs figures de la gauche social-démocrate étaient présentes à Aubervilliers, témoignant d’un soutien unitaire, mais des questions demeurent sur l’élargissement de sa base électorale au-delà de son propre camp.

L’équipe de campagne a confirmé que de nouveaux meetings sont prévus dans les semaines à venir, notamment à Lyon, Marseille et Lille, pour conforter cette dynamique de lancement.