L’eurodéputé Raphaël Glucksmann a poursuivi sa campagne présidentielle ce 13 juin à Aubervilliers, en détaillant plusieurs propositions économiques et sociales devant ses soutiens. Le candidat social-démocrate a promis de « permettre à plus d’un million de Français d’avoir accès à une voiture électrique », via un dispositif de location à prix réduit. Cette mesure s’inscrit dans un programme plus large visant à concilier transition écologique et justice sociale.
Un plan de location de voitures électriques à 100 euros par mois
Raphaël Glucksmann a dévoilé son intention de généraliser l’accès à la mobilité électrique pour les ménages modestes. « Nous permettrons à plus d’un million de Français d’avoir accès à une voiture électrique », a-t-il déclaré, précisant que le dispositif prendrait la forme d’une location longue durée à un coût maîtrisé. Le montant évoqué – environ 100 euros par mois – vise à rendre cette option accessible aux foyers aux revenus limités, souvent exclus du marché du neuf. Cette annonce intervient alors que le gouvernement actuel peine à atteindre ses objectifs de verdissement du parc automobile.
Fiscalité et investissements publics
Lors du meeting, l’ancien tête de liste aux européennes a également insisté sur la nécessité de renforcer la taxation des superprofits des grandes entreprises. « Ce sont les superprofits qui doivent financer la transition écologique et la protection sociale », a-t-il souligné. Il propose d’affecter une partie de ces recettes à un fonds d’investissement dédié à la décarbonation industrielle et à la rénovation énergétique des logements. Selon lui, sans une fiscalité plus redistributive, le pays ne pourra pas atteindre ses objectifs climatiques.
Une ambition présidentielle affichée
Ce meeting à Aubervilliers constitue une nouvelle étape dans la préparation de la candidature de Raphaël Glucksmann à l’élection présidentielle de 2027. Après avoir fédéré une partie de la gauche sociale-démocrate et écologiste, il tente de convaincre au-delà de son propre camp. Ses prises de position sur l’Europe, la souveraineté industrielle et la justice fiscale visent à occuper un espace politique situé entre la social-démocratie et l’écologie politique. Plusieurs figures du Parti socialiste et d’Europe Écologie Les Verts étaient présentes dans la salle, témoignant du soutien croissant dont il bénéficie dans ces formations.
L’eurodéputé a par ailleurs réaffirmé son opposition à la réforme des retraites et défendu une hausse du Smic à 1 600 euros net mensuels. Ces propositions, déjà esquissées lors de précédents rassemblements, font l’objet d’une promotion plus intensive à mesure que le calendrier électoral se rapproche.
Un contexte politique tendu
Ce déplacement intervient dans un climat politique marqué par les menaces d’ingérences étrangères dans le processus électoral français, dénoncées récemment par le ministre des Armées Sébastien Lecornu. Sans citer directement cette alerte, Raphaël Glucksmann a appelé à « une vigilance extrême quant aux tentatives de déstabilisation de notre démocratie ». Il a également critiqué la majorité présidentielle, l’accusant de « gestion à courte vue » face aux défis écologique et social.
Les prochaines semaines devraient voir le candidat social-démocrate multiplier les déplacements en régions, notamment dans les zones périurbaines et rurales, traditionnellement moins acquises à la gauche modérée. Le meeting d’Aubervilliers a en tout cas permis de poser des jalons concrets pour un programme qui se veut « à la fois ambitieux et réaliste ».