Pour la première fois dans l'histoire du baccalauréat, les élèves de première, toutes filières confondues, passent une épreuve écrite anticipée de mathématiques. Cette nouveauté, officialisée pour la session 2026, suscite des réactions contrastées chez les enseignants.
Une mesure saluée mais jugée insuffisante
Selon une association représentative de professeurs de mathématiques, la mise en place de cette épreuve constitue « une avancée nécessaire » pour renforcer la place des mathématiques dans le parcours des lycéens. Toutefois, les mêmes enseignants estiment que cette seule épreuve ne suffira pas à « relever durablement le niveau des élèves en mathématiques ». L'association appelle à une réflexion plus large sur l'organisation des enseignements et le volume horaire alloué à la discipline.
Des voix s'élèvent également pour souligner que l'épreuve anticipée, si elle a le mérite d'exister, ne saurait compenser les difficultés accumulées au collège. Plusieurs syndicats d'enseignants avaient déjà alerté sur la baisse du niveau en mathématiques ces dernières années, en particulier dans les séries technologiques.
Un nouveau format pour un enjeu majeur
L'épreuve écrite se déroule sans calculatrice, une décision qui a fait débat. Les concepteurs du sujet ont veillé à ce que les exercices proposés évaluent avant tout la maîtrise des raisonnements et la compréhension des concepts fondamentaux, plutôt que la rapidité de calcul.
Les sujets portent sur le programme de première, commun aux filières générale et technologique. Les candidats doivent composer pendant quatre heures sur des exercices couvrant l'analyse, la géométrie, les probabilités et l'algorithmique. Les premiers retours des enseignants, relayés par l'association, font état d'un niveau de difficulté « globalement cohérent » avec les attendus officiels, mais « parfois exigeant pour des élèves de séries technologiques ».
Des attentes fortes pour la suite
L'introduction de cette épreuve anticipée s'inscrit dans un mouvement plus large de revalorisation des mathématiques au lycée. Depuis la réforme du bac, les mathématiques n'étaient plus une matière obligatoire en première pour tous les élèves, ce qui avait entraîné une baisse significative des effectifs dans cette discipline. Avec cette nouvelle épreuve, le ministère espère inverser la tendance.
L'association de professeurs plaide toutefois pour des mesures complémentaires comme le renforcement des heures de cours, la formation continue des enseignants ou encore un meilleur accompagnement des élèves en difficulté. Sans ces ajustements, prévient-elle, l'épreuve anticipée risque de n'être qu'un « coup d'épée dans l'eau ».
Vers une évaluation plus cohérente ?
Les enseignants interrogés espèrent que cette première édition permettra d'ajuster le dispositif pour les années à venir. Certains suggèrent de coupler l'épreuve écrite avec une évaluation orale ou un contrôle continu renforcé, afin de mieux mesurer la progression des lycéens tout au long de l'année.
Pour l'heure, les élèves de première planchent sur ces sujets inédits. Les résultats de cette épreuve, qui compte pour une part significative dans la note finale du baccalauréat, seront connus à l'issue de la correction. Ils serviront de premier indicateur pour jauger l'impact réel de cette réforme sur le niveau des futurs bacheliers.