Les candidats au baccalauréat 2026 sont confrontés ce vendredi 12 juin à une épreuve inédite : l'examen anticipé de mathématiques en classe de première. Pour cette session, les autorités éducatives ont imposé une règle stricte : l'usage de la calculatrice est formellement interdit. Cette décision fait suite à plusieurs années de controverses et d'ajustements progressifs de la réforme du lycée engagée en 2019.

L'épreuve, qui se déroule sur une matinée, est la première du genre à être organisée à ce niveau. Elle s'inscrit dans un processus de renforcement de l'enseignement mathématique après que la réforme initiale avait suscité de vives inquiétudes quant à la baisse du niveau des élèves. La suppression de la calculatrice vise à tester les compétences fondamentales de calcul mental et de raisonnement sans assistance technologique, une pratique que certains enseignants réclamaient depuis longtemps.

Un long parcours de réformes

Cette épreuve constitue le dernier acte d'un feuilleton qui a débuté avec la réforme du lycée mise en place par le gouvernement. Celle-ci avait initialement rendu les mathématiques non obligatoires pour tous les élèves de terminale, provoquant une chute du nombre d'étudiants suivant cette discipline. Face aux critiques, plusieurs ajustements ont été effectués, jusqu'à la création d'une épreuve anticipée en première, finalement actée pour la session 2026.

Les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves ont accueilli cette évolution avec un mélange d'espoir et de prudence. Si l'interdiction de la calculatrice est saluée par certains comme un retour aux fondamentaux, d'autres redoutent qu'elle ne pénalise les élèves les moins entraînés. Les autorités académiques ont toutefois assuré que les sujets ont été conçus pour être accessibles sans outil électronique, en privilégiant des calculs simples et des raisonnements logiques.

Les modalités pratiques

L'épreuve dure quatre heures et couvre l'ensemble du programme de mathématiques de la classe de première, hors spécialité. Les candidats doivent composer sur des feuilles anonymes, et les correcteurs ont reçu des consignes strictes pour évaluer la rigueur des démonstrations plutôt que la rapidité des calculs. Des sessions de rattrapage sont prévues pour les élèves absents pour raison médicale.

Les premiers retours des candidats à la sortie des centres d'examen seront suivis de près par le ministère de l'Éducation nationale, qui entend évaluer l'impact de cette mesure sur les résultats. Les résultats de cette épreuve compteront pour une part importante de la note finale du baccalauréat, aux côtés des épreuves de français et de la spécialité choisie.

Un débat qui persiste

Au-delà de l'aspect technique, cette réforme relance le débat sur la place des mathématiques dans le tronc commun. Certains experts estiment que l'interdiction de la calculatrice pourrait encourager une meilleure maîtrise des concepts, tandis que d'autres plaident pour une utilisation encadrée des outils numériques, jugés indispensables dans la société contemporaine. Le gouvernement a indiqué qu'il tirera un bilan de cette première édition avant d'envisager d'éventuels ajustements pour les années à venir.

En attendant, les élèves de première doivent composer avec cette nouvelle donne, et leurs résultats seront scrutés avec attention par tous les acteurs de l'éducation.