C’est une première dans l’histoire du baccalauréat : ce vendredi 12 juin, près de 500 000 lycéens de première générale et technologique planchent sur une épreuve anticipée de mathématiques. Instituée pour répondre à l’érosion du niveau constatée dans cette discipline, cette épreuve compte pour Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur.
L’épreuve se déroule sans calculatrice. Cette restriction, confirmée par le ministère de l’Éducation nationale, vise à évaluer les compétences de calcul mental, la maîtrise du raisonnement et la capacité à mobiliser des notions fondamentales sans assistance technique. Les sujets portent sur l’ensemble du programme de mathématiques de la classe de première.
Avec ce nouveau dispositif, les autorités entendent répondre à une préoccupation récurrente : la baisse généralisée des performances en mathématiques chez les élèves français, mesurée notamment dans les enquêtes internationales comme PISA. L’épreuve anticipée, qui s’ajoute au traditionnel examen de français, a été conçue pour inciter les lycéens à maintenir un niveau de pratique régulier tout au long du lycée, même s’ils ne choisissent pas la spécialité mathématiques en terminale.
Le barème et les critères d’évaluation ont été définis pour assurer une notation homogène sur l’ensemble du territoire. Les copies seront corrigées par des enseignants de l’Éducation nationale selon un référentiel commun. Les résultats seront intégrés au dossier Parcoursup, ce qui leur confère un poids important dans l’orientation post-bac.
Les réactions dans le monde éducatif sont partagées. Certains syndicats d’enseignants saluent une mesure qui revalorise une matière fondamentale, tandis que d’autres redoutent un stress supplémentaire pour les élèves et une charge de travail accrue pour les équipes pédagogiques. Des associations de parents d’élèves ont exprimé leurs craintes quant à l’égalité des chances, notamment pour les lycéens qui n’ont pas accès à des cours de soutien ou à des ressources numériques.
Du côté des élèves, l’appréhension domine, même si de nombreux candidats disent avoir préparé cette épreuve avec sérieux depuis le début de l’année. L’interdiction de la calculatrice a obligé les lycéens à revoir leurs méthodes de travail et à consolider leurs automatismes de calcul.
Cette épreuve anticipée de mathématiques s’inscrit dans une réforme plus large du baccalauréat, engagée depuis plusieurs années, qui vise à diversifier les évaluations et à renforcer la continuité entre le lycée et l’enseignement supérieur. Elle constitue l’un des premiers jalons concrets de cette politique éducative dont les effets seront observés de près par les observateurs et les décideurs.