Un retour aux sources pour l'épreuve de maths

Ce vendredi 12 juin, les élèves de première scolarisés en France passent l'épreuve anticipée de mathématiques du baccalauréat 2026. Cette épreuve constitue une première dans le cadre de la réforme du lycée général et technologique, sept ans après son lancement. Contrairement aux années précédentes, l'usage de la calculatrice est interdit, une décision qui a suscité des débats au sein de la communauté éducative.

Une épreuve sans calculatrice : un choix assumé par l'Éducation nationale

Les autorités scolaires ont justifié cette interdiction par la volonté de revenir à une évaluation des compétences fondamentales en calcul et en raisonnement logique. Les candidats doivent donc composer avec leurs seules capacités de calcul mental et de raisonnement algébrique. Cette mesure, annoncée plusieurs mois à l'avance, visait à éviter les inégalités liées à la possession ou non d'un modèle de calculatrice performante. Les syndicats d'enseignants avaient toutefois exprimé des réserves, estimant que cette décision risquait de pénaliser les élèves les moins entraînés au calcul manuel.

Une épreuve inédite qui clôt sept ans de réformes

L'instauration de cette épreuve anticipée de mathématiques constitue le dernier volet de la réforme du lycée engagée en 2019. Après avoir supprimé les filières S, ES et L, puis introduit des enseignements de spécialité, le ministère a souhaité renforcer la place des mathématiques dans le tronc commun dès la classe de première. Cette épreuve écrite, d'une durée de deux heures, porte sur le programme de l'année. Les correcteurs disposeront de consignes spécifiques pour évaluer les copies sans l'aide d'un outil de calcul électronique.

Réactions contrastées dans les établissements

Dans les lycées, l'organisation de cette nouvelle épreuve a été saluée par certains professeurs de mathématiques, qui y voient un moyen de redonner une importance accrue au raisonnement pur. En revanche, d'autres enseignants ont pointé du doigt le stress supplémentaire pour les élèves, notamment ceux qui n'avaient pas suivi l'enseignement de spécialité mathématiques en seconde. Les associations de parents d'élèves, quant à elles, ont appelé à la vigilance pour que les conditions de passage soient équitables pour tous.

Les premiers retours sur le terrain

D'après les premiers témoignages recueillis à la sortie de quelques centres d'examen, les candidats ont jugé le sujet accessible mais exigeant sur la précision des calculs. Plusieurs élèves ont confié avoir ressenti une certaine appréhension face à l'absence de calculatrice, mais beaucoup estiment que le contenu des questions était conforme aux attendus du programme. Les résultats de cette épreuve compteront pour le baccalauréat et seront pris en compte dans le dossier Parcoursup pour l'orientation post-bac.

Un enjeu pour l'avenir de la réforme

La mise en œuvre de cette épreuve sans calculatrice sera scrutée de près par le ministère de l'Éducation nationale. Selon les premières réactions d'inspecteurs pédagogiques, cette expérience pourrait préfigurer un retour à des examens davantage centrés sur les compétences fondamentales, en réponse aux critiques sur le niveau en mathématiques des lycéens. Les résultats officiels de cette session seront publiés à l'issue des corrections, dans plusieurs semaines.