Barbara Butch ne parvient pas à contenir son indignation. Dans une tribune publiée avec son avocate Audrey Msellati, la DJ revient sur les événements qui ont conduit à l’interruption de son concert à Grenoble le samedi 18 juillet. Selon elle, les insultes et les jets de bouteilles dont elle a été victime de la part de militants propalestiniens constituent un « glissement vers la violence ». Elle y dénonce un antisionisme qui n’aurait été, dans ce cas précis, « que le vêtement de l’antisémitisme ».

Un appel au boycott depuis mai Le concert de Barbara Butch faisait l’objet d’un appel au boycott depuis le mois de mai, notamment de la part de l’antenne grenobloise de La France insoumise (LFI). Cette dernière justifiait sa position par la signature par l’artiste, qui est juive, d’une tribune en soutien à la proposition de loi Yadan, visant à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme ». Cette proposition a depuis été retirée. Malgré les contestations, la mairie de Grenoble avait maintenu le concert.

Une exfiltration sous pression Le jour du concert, une centaine de manifestants pro-palestiniens ont forcé l’arrêt de la prestation. Barbara Butch a dû quitter la scène sous escorte, tandis que des bouteilles et des insultes fusaient de la foule. La maire écologiste de Grenoble a annoncé le dépôt d’une plainte après ces faits, estimant que l’ordre public n’avait pas été suffisamment protégé.

Le Crif demande un plan d’urgence culturel Dans la foulée, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a interpellé le ministère de la Culture pour exiger un « plan d’urgence » visant à protéger les artistes ciblés en raison de leur identité ou de leurs engagements. Le Crif estime que l’incident de Grenoble n’est pas isolé et que des mesures concertées doivent être prises pour garantir la liberté de création et la sécurité des artistes.

Chenu appelle la culture à soutenir l’artiste Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a lui aussi réagi. Il a regretté que le monde de la culture ne se soit pas suffisamment exprimé en faveur de Barbara Butch. « J’aimerais qu’on entende le monde de la culture soutenir madame Butch », a-t-il déclaré. Il a également pointé du doigt le rôle de LFI dans la campagne de boycott qui a précédé l’incident.

Une tribune pour alerter Dans leur tribune, Barbara Butch et son avocate Audrey Msellati appellent à ne pas minimiser la portée de ces violences. Elles jugent que les attaques subies par la DJ dépassent le cadre d’une simple contestation politique et relèvent d’un antisémitime décomplexé. L’artiste espère que cet épisode servira de déclic pour que les institutions prennent enfin la mesure de la menace qui pèse sur les artistes juifs en France.