Concert interrompu et réactions politiques
Le concert que devait donner la DJ Barbara Butch, samedi 18 juillet à Grenoble, a été brutalement interrompu par une centaine de manifestants pro-palestiniens et de militants de La France insoumise. Face à cette situation, la maire écologiste de la ville a annoncé le dépôt d’une plainte. Parallèlement, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a saisi le ministère de la Culture pour réclamer un plan d’urgence destiné à lutter contre l’antisémitisme dans les milieux culturels.
Barbara Butch, cible de mobilisations
La DJ, connue pour son engagement LGBTQ+ et sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, était la tête d’affiche d’un événement organisé dans le cadre des « Jeudis de l’été » grenoblois. Des manifestants ont envahi la scène et empêché la tenue du concert, invoquant des motifs liés à la cause palestinienne. Aucun incident violent n’a été signalé, mais l’atmosphère était tendue, selon des témoins.
La maire écologiste porte plainte
La maire de Grenoble a immédiatement condamné cette intrusion et annoncé le dépôt d’une plainte pénale. Dans un communiqué, elle a dénoncé « une entrave à la liberté d’expression et de création », ajoutant que « toute action qui vise à interdire la tenue d’un événement culturel en raison de l’identité ou des opinions de l’artiste est inacceptable ». Ses services n’ont pas précisé le fondement juridique exact de la plainte, mais l’intrusion sur scène et la perturbation de la paix publique pourraient être retenues.
Le Crif demande un plan d’urgence
De son côté, le Crif a estimé que cet incident dépasse le simple fait divers et révèle une montée de l’antisémitisme dans le paysage culturel français. Dans un courrier adressé au ministère de la Culture, l’organisation a réclamé la mise en place d’un plan d’urgence « pour protéger les artistes juifs ou perçus comme tels, ainsi que tout événement culturel menacé par des intimidations ou des violences ». Le Crif a notamment insisté sur la nécessité d’accompagner les collectivités locales et les programmateurs dans la sécurisation des manifestations.
Un contexte de tensions
Barbara Butch avait déjà été la cible de cyberharcèlement après sa participation à la cérémonie des Jeux olympiques de 2024. Si le lien avec la cause palestinienne est invoqué par les manifestants, le message du Crif évoque clairement une « stigmatisation antisémite », rappelant que la DJ a été attaquée en raison de son identité juive revendiquée. Le ministre de la Culture n’a pas encore répondu publiquement à cette interpellation.
Prochaines étapes
L’enquête judiciaire devra déterminer les responsabilités exactes des participants. La mairie de Grenoble, quant à elle, entend « ne pas laisser passer cette entrave à la liberté artistique ». Plusieurs élus nationaux ont apporté leur soutien à Barbara Butch sur les réseaux sociaux. Le gouvernement, sollicité par le Crif, devra arbitrer sur la demande d’un plan d’urgence, qui pourrait être discuté lors des prochaines Assises de la culture.