Un rassemblement musical a eu lieu devant le siège de La France insoumise (LFI) à Paris pour soutenir Barbara Butch, quelques jours après l’interruption de son concert à Grenoble. La DJ, contrainte de quitter la scène du Cabaret Frappé le 18 juillet sous la pression de manifestants propalestiniens et de militants insoumis, a évoqué les intimidations et les violences subies lors de cet incident.

Le concert sauvage, organisé par des sympathisants de la DJ, s’est tenu sans autorisation préalable en face du local parisien du parti fondé par Jean-Luc Mélenchon. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une foule compacte reprenant des chants de solidarité, tandis que des pancartes dénonçaient les « atteintes à la liberté d’expression » et appelaient à ne pas « céder à la censure ». Aucun débordement n’a été signalé, et les forces de l’ordre n’ont pas eu à intervenir.

Un contexte politique tendu

Cet événement survient alors que les déclarations du coordinateur de LFI, Manuel Bompard, défendant les « protestations pacifiques » des militants à Grenoble, ont suscité une vive polémique. Plusieurs responsables politiques de la majorité et de la droite ont fustigé une position jugée complice de l’intimidation. Barbara Butch, de son côté, a publiquement dénoncé un « glissement vers la violence » et a reçu le soutien de la maire écologiste de Grenoble, qui a déposé une plainte.

Le concert sauvage parisien a été présenté par ses organisateurs comme une réponse « pacifique et musicale » à la controverse. La DJ n’a pas elle-même participé à l’événement, mais elle a remercié ses soutiens dans un message sur les réseaux sociaux, réaffirmant son attachement à « la liberté artistique et à la paix ».

Réactions partagées

Sur place, quelques passants et riverains ont exprimé leur surprise, mais le rassemblement s’est déroulé dans le calme. La direction de LFI n’a pas officiellement commenté l’initiative, mais plusieurs cadres du parti ont relayé les images du concert, y voyant une « démonstration de fraternité ». À l’opposé, des voix critiques y ont vu une « instrumentalisation » de l’artiste à des fins politiques.

L’affaire continue de diviser la classe politique et le monde culturel, entre défense de la liberté d’expression et dénonciation des pressions exercées sur les artistes. Le ministère de la Culture a été saisi par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) pour qu’un « plan d’urgence » soit mis en place afin de protéger les artistes ciblés.