Le milliardaire philanthrope et cofondateur de Microsoft, Bill Gates, a comparu mercredi devant la commission de supervision de la Chambre des représentants des États-Unis. Interrogé sur ses liens avec Jeffrey Epstein, délinquant sexuel décédé, Gates a déclaré n'avoir « jamais victimisé personne ». L'audience, qui s'est tenue à huis clos, a donné lieu à la publication ultérieure de la déclaration liminaire de Gates sur son site personnel.

Dans cette déclaration, Gates a indiqué n'avoir « jamais été témoin ni eu d'indication qu'Epstein se livrait à des activités criminelles en cours ». Il a précisé qu'il ne s'était « jamais rendu sur son île, son ranch ou sa maison en Floride ». Reconnaissant son erreur d'appréciation, il a estimé qu'il n'aurait « jamais dû rencontrer Epstein en premier lieu ». Il a ajouté que, rétrospectivement, même si Epstein avait tenu ses promesses de mobiliser de nouveaux donateurs, cela n'aurait « pas justifié de s'associer avec lui ».

Plusieurs rencontres entre 2011 et 2014

Gates a retracé la chronologie de ses interactions avec Epstein. Leur première rencontre remonte à 2011, soit trois ans après la condamnation d'Epstein pour recours à une mineure à des fins de prostitution en 2008, dans un contexte marqué par d'autres accusations, notamment de la part de Virginia Giuffre, une victime présumée de trafic. Gates a expliqué qu'Epstein se présentait comme capable de « lever des milliards de dollars pour la santé mondiale auprès de personnes pour lesquelles il fournissait des services fiscaux et successoraux ». Il a reconnu avoir été informé des « problèmes juridiques antérieurs » d'Epstein, sans en mesurer pleinement la gravité.

Le témoignage de Gates fait état de trois « réunions préliminaires » en 2011, consacrées à la philanthropie, puis de deux autres en 2012, suivies de « conversations plus approfondies » en 2013 et 2014. Les discussions sur les projets philanthropiques ont finalement abouti à une impasse, Epstein n'ayant jamais réussi à lever les fonds escomptés. « Nos interactions ont pris fin en décembre 2014 », a précisé Gates.

Tentative d'exploitation d'informations personnelles

Gates a également décrit comment Epstein s'est « immiscé » dans le processus de démission d'un employé de son bureau privé. Cette intervention « a donné lieu à des échanges de courriels, des appels et des réunions avec des membres de mon équipe et moi-même ». C'est à la suite de ces événements que Gates a appris qu'Epstein avait eu connaissance « d'informations sensibles concernant ma vie personnelle, notamment le fait que j'avais été infidèle dans mon mariage ». Gates a souligné que ces affaires étaient « sans lien avec mes interactions avec Epstein, mais elles ont été douloureuses pour ma famille ».

Des documents publics mentionnent Gates

Les documents récemment rendus publics par le département de la Justice, connus sous le nom de « fichiers Epstein », contiennent plusieurs mentions de Gates. On y trouve notamment des entrées d'agenda pour des réunions, des échanges de courriels au sujet de projets philanthropiques, ainsi que des photographies de Gates lors d'événements auxquels Epstein participait également. Ces éléments ont nourri les interrogations des parlementaires sur la nature et la portée de la relation.

L'audition de Bill Gates s'inscrit dans le cadre des enquêtes parlementaires en cours sur les ramifications de l'affaire Epstein et les liens entretenus par le financier avec de nombreuses personnalités politiques et économiques.