Bruno Retailleau, candidat des Républicains à l'élection présidentielle de 2027, a rassemblé ses partisans ce samedi au Parc floral de Paris pour le premier meeting de sa campagne. Devant plusieurs milliers de militants brandissant des pancartes « fiers d'être Français » et « rétablir l'ordre », le président du parti a promis de « remettre la France à l'endroit » et de gagner en 2027. Selon le parti, plus de 6 000 personnes ont assisté à ce discours d'une heure, prononcé sans note ni prompteur.

Une charge contre le macronisme et la France insoumise

Dans une allocution résolument tournée vers la rupture, Bruno Retailleau a vivement critiqué le quinquennat d'Emmanuel Macron, dont il fut le ministre de l'Intérieur de 2024 à 2025. « Après dix ans d'En marche, plus rien ne marche », a-t-il lancé, avant de dénoncer le « mépris du peuple français » de la macronie. Il a également pris pour cible Gabriel Attal, fustigeant ses « slogans », notamment « Tu casses, tu répares », une mesure qu'il juge inadaptée face aux « barbares » auxquels les forces de l'ordre sont confrontées.

Le candidat a réservé ses critiques les plus acerbes à la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qu'il a accusée de promouvoir un « nouvel antisémitisme qui s'abreuve aux sources de l'islamo-gauchisme ». Cette déclaration a été accueillie par des applaudissements nourris de la part des militants présents.

Une justice intraitable en ligne de mire

Bruno Retailleau a promis un renforcement significatif de l'autorité judiciaire, plaidant pour une justice « intraitable ». Il a évoqué la nécessité de rétablir l'ordre et la sécurité, thèmes centraux de son programme. Bien que les détails de ses propositions n'aient pas été précisés lors du meeting, le candidat a insisté sur son ambition de restaurer la souveraineté française face à l'insécurité et à l'immigration, qu'il considère comme des défis majeurs.

Une présence remarquée : Boualem Sansal

Le meeting a été marqué par la présence surprise de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, qui a pris place en tribune aux côtés du candidat. Sansal, dont l'invitation avait été annoncée quelques jours auparavant, a été salué par Bruno Retailleau comme une « légende » et a apporté un soutien appuyé au candidat, dénonçant l'absence de liberté dans le débat public.

Un contexte politique tendu

Crédité d'environ 10 % des intentions de vote dans les sondages, Bruno Retailleau cherche à créer une dynamique avant l'été, dans une campagne présidentielle qui s'annonce disputée. Il a pris soin d'épargner Édouard Philippe, son rival centriste, sans doute dans l'optique d'une éventuelle alliance en cas de besoin. En revanche, il n'a pas ménagé ses efforts pour se démarquer de Gabriel Attal et de la gauche radicale.

Ce premier meeting, tenu sous une canicule qui a frappé la région parisienne, illustre la stratégie du candidat LR : capitaliser sur un discours de rupture avec le macronisme tout en courtisant les électeurs du Rassemblement national, qu'il a volontairement épargnés dans ses critiques. Reste à savoir si cette approche parviendra à inverser sa cote dans les enquêtes d'opinion et à le hisser parmi les favoris de la course à l'Élysée.