Bruno Retailleau a tenu son premier grand meeting de campagne pour l’élection présidentielle de 2027, samedi 20 juin, au parc floral de Vincennes, à Paris. Devant une assistance estimée entre 4 000 et 6 000 personnes selon les sources – l’organisation revendiquant plus de 6 000 participants, tandis que quelques dizaines de chaises restaient inoccupées –, le président des Républicains a déroulé un programme résolument ancré à droite, centré sur la restauration de l’autorité de l’État et la refonte du système judiciaire.

Un discours de rupture avec le système judiciaire actuel

L’ancien ministre de l’Intérieur a notamment promis une « justice intraitable » et la mise en place de « peines véritablement appliquées ». Dénonçant « un droit à l’inexécution des peines », il a annoncé son intention de supprimer le juge d’application des peines si les Républicains remportent l’élection. « Il y a des choses qui ne se réparent pas, des vies qui sont volées à jamais », a-t-il lancé, en référence aux affaires de la mort de Philippine et de Lyhanna, deux fillettes victimes de crimes violents.

La mesure la plus marquante de son intervention concerne la lutte contre les infractions sexuelles : Bruno Retailleau s’est engagé à instaurer « la castration chimique des pédocriminels sans leur consentement ». Il a justifié cette proposition par la persistance de la dangerosité de certains condamnés après leur incarcération, en raison de « pulsions irrépressibles ». Il a également appelé à la création d’une cour disciplinaire pour les magistrats qui auraient commis des fautes, afin que la justice soit « indépendante et impartiale ».

Un appel au peuple et une charge contre La France insoumise

Le candidat a placé son discours sous le signe de la souveraineté populaire : « Remettre la France à l’endroit, c’est d’abord rendre la parole au peuple. Demain ce seront les Français qui choisiront leur Justice parce qu’elle est rendue au nom du peuple français. » Il a également critiqué la formule « tu casses, tu répares », estimant qu’elle ne saurait effrayer « les barbares auxquels nos policiers et nos gendarmes ont affaire ».

Sur le plan politique, Bruno Retailleau a vivement attaqué La France insoumise, accusant la « Nouvelle France » promue par ce parti d’incarner un « nouvel antisémitisme ». Cette déclaration s’inscrit dans une stratégie de recentrage du vote républicain face à la concurrence du Rassemblement national et de la gauche radicale.

La présence remarquée de Boualem Sansal

L’écrivain Boualem Sansal, figure de la lutte contre l’islamisme, était l’invité vedette du meeting. Il a scandé « Retailleau de Beauvau à l’Élysée ! » et salué en Bruno Retailleau « le héros de la prison », en référence à son action ferme à l’Intérieur. Cette présence a renforcé le symbole d’une droite républicaine assumant un discours sécuritaire et identitaire.

Un meeting pour convaincre au-delà des rangs LR

Ce premier rassemblement intervient alors que plusieurs figures des Républicains, comme Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand, ont décliné l’invitation. Bruno Retailleau cherche ainsi à crédibiliser sa candidature face à un électorat de droite qui lui reproche parfois de faire le jeu de l’extrême droite. En mettant l’accent sur la justice et la sécurité, il tente de reconstituer une base électorale solide, après le score décevant de Valérie Pécresse (4,78 %) en 2022.