La contestation contre le canal Seine-Nord Europe prend une nouvelle ampleur. Une manifestation organisée ce samedi dans le Pas-de-Calais, initialement menacée d'interdiction, a été autorisée en dernière instance par les autorités préfectorales. Ce revirement intervient alors que plusieurs collectifs écologistes et politiques, dont les Soulèvements de la Terre et La France insoumise (LFI), ont annoncé leur participation au rassemblement.
Un feu vert administratif après des tensions Selon des sources officielles, la préfecture a finalement levé les obstacles qui pesaient sur la tenue du défilé. Les organisateurs, qui dénoncent depuis des mois le coût environnemental et financier du chantier, avaient multiplié les recours pour obtenir gain de cause. Ce samedi, des centaines de personnes sont attendues dans les communes traversées par le tracé du futur canal, qui doit relier la Seine à l'Escaut.
Des soutiens politiques et militants de poids La présence des Soulèvements de la Terre, mouvement écologiste radical, et de cadres de LFI promet de donner une visibilité nationale à la mobilisation. Les deux formations appellent à un « rassemblement massif » pour exiger l'abandon pur et simple du projet. Selon des proches du dossier, plusieurs parlementaires de gauche devraient également faire le déplacement.
Un mégaprojet contesté sur tous les fronts Estimé à plusieurs milliards d'euros, le canal Seine-Nord Europe est présenté par ses promoteurs comme un levier essentiel pour le fret fluvial et le désenclavement des Hauts-de-France. Mais ses détracteurs lui reprochent son empreinte écologique, son coût jugé excessif et l'expropriation de terres agricoles. Ces dernières semaines, des études d'impact ont été épinglées par des associations, alimentant les doutes sur la rentabilité réelle de l'infrastructure.
Des forces de l'ordre mobilisées Face à une affluence annoncée, les autorités ont prévu un dispositif de sécurité renforcé. Les organisateurs assurent vouloir une action pacifique, mais les précédentes interventions des Soulèvements de la Terre sur d'autres dossiers (comme les mégabassines) laissent craindre des débordements potentiels. Les forces de l'ordre seront déployées pour encadrer le cortège et éviter tout incident.
L'avenir du chantier en suspens Alors que les travaux préparatoires ont déjà débuté sur certains tronçons, le mouvement d'opposition ne faiblit pas. Plusieurs recours juridiques sont encore en cours, et une partie de la classe politique locale demande un moratoire. La manifestation de samedi s'annonce comme un test de la capacité des opposants à peser sur le calendrier décisionnel du gouvernement.