Le mercure a grimpé jusqu’à 36,1 °C mercredi après-midi à Gosport, dans le Hampshire, pulvérisant le précédent record de température pour un mois de juin au Royaume-Uni, datant de 1976 (35,6 °C). Cette valeur, qualifiée de « provisoire » par l’agence météorologique britannique, devra encore être confirmée par des vérifications techniques. Le précédent record de juin, établi à Southampton en 1976 et à Camden en 1957, est désormais dépassé.
L’épisode de chaleur intense ne faiblit pas. Un avertissement rouge – le deuxième seulement depuis la création de ce niveau d’alerte en 2021 – reste en vigueur jusqu’à jeudi soir sur une large bande allant du centre et du sud de l’Angleterre au sud du pays de Galles. Les autorités recommandent d’éviter tout déplacement non essentiel, tandis que des centaines d’écoles ont fermé leurs portes en Angleterre et au pays de Galles. Les transports subissent aussi des perturbations.
Un été 1976 devenu référence, aujourd’hui dépassée
L’été 1976 reste dans les mémoires comme une saison de canicule exceptionnelle : les températures avaient dépassé 32 °C pendant quinze jours consécutifs dans plusieurs régions, provoquant une sécheresse sévère et des centaines de décès prématurés. À l’époque, un tel épisode était perçu comme une anomalie historique. Or, cinquante ans plus tard, ce seuil est non seulement atteint mais dépassé, et les scientifiques soulignent que ces phénomènes deviennent la norme dans un climat qui se réchauffe.
Le record de 1976, qui a tenu près d’un demi-siècle, a été effacé en une seule journée de juin 2026. Et le pic n’est peut-être pas encore atteint : l’agence météorologique prévoit que les températures pourraient encore monter jusqu’à 38 °C dans les prochains jours, avec une « température ressentie » dépassant localement les 40 °C.
Une canicule européenne aux répercussions multiples
Le Royaume-Uni n’est pas seul touché. Une vague de chaleur exceptionnelle s’étend sur une grande partie de l’Europe. La France a enregistré sa journée la plus chaude depuis le début des relevés en 1947, avec des températures dépassant 40 °C à Paris et dans d’autres régions. Les conséquences sanitaires et économiques de ces vagues de chaleur se multiplient, rappelant l’urgence d’adapter les infrastructures et les comportements.
Un appel à la mémoire collective
Alors que ce nouveau record s’inscrit dans une tendance de fond, des médias ont lancé un appel aux témoignages de ceux qui ont vécu la canicule de 1976. Les images d’archives montrent des réservoirs presque à sec, comme celui de Taf Fechan dans le sud du pays de Galles, ou des avis de restriction d’eau dans le Dorset. Ces souvenirs illustrent le contraste entre un événement alors jugé exceptionnel et une réalité qui, aujourd’hui, se répète avec une fréquence inquiétante.
Les experts en climatologie rappellent que chaque dixième de degré de réchauffement global accroît la probabilité et l’intensité des vagues de chaleur. Ce qui était impensable en 1976 est devenu, en 2026, un événement presque banal – un signal fort de l’évolution du climat.