La vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la France depuis plusieurs jours provoque une crise sanitaire sans précédent. À Paris, l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) se trouve dans une situation qualifiée d’« extrêmement grave » par la direction de l’établissement. Les services de réanimation et d’urgences sont saturés, principalement en raison de l’afflux de patients âgés ou fragiles, victimes de coups de chaleur et de déshydratation sévère.

Selon un porte-parole de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), les capacités d’accueil de l’hôpital Pompidou sont dépassées depuis le début de la semaine, malgré l’activation du plan blanc et le déploiement de lits supplémentaires dans d’autres structures franciliennes. « La chaleur extrême a provoqué un afflux massif de patients nécessitant une réanimation immédiate, et les moyens humains et matériels sont sous tension », a-t-il déclaré.

Le gouvernement s’inquiète des décès à domicile

Parallèlement, le ministre de la Santé a exprimé sa vive préoccupation face au nombre anormalement élevé de décès survenus à domicile durant cet épisode caniculaire. Lors d’un point presse tenu en fin de matinée, il a indiqué que les services de secours avaient recensé une hausse significative des appels pour malaise et décès, notamment chez les personnes isolées et âgées. « Nous redoutons un bilan très lourd, car de nombreuses victimes n’ont pu être prises en charge à temps », a-t-il ajouté, appelant les Français à redoubler de vigilance envers leurs proches.

Les autorités sanitaires rappellent les gestes essentiels : boire régulièrement, se rafraîchir, éviter les sorties aux heures les plus chaudes et signaler toute personne vulnérable aux services municipaux. Des maraudes et des appels téléphoniques sont organisés par les CCAS (centres communaux d’action sociale) dans plusieurs départements pour tenter de limiter le nombre de victimes.

Un épisode caniculaire d’une intensité inédite

Météo-France a maintenu la vigilance orange pour les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, le Var et la Corse, tandis que la vigilance orange a été levée pour l’Île-de-France et neuf autres départements. L’épisode de chaleur, inédit par son ampleur et sa durée, a déjà battu plusieurs records de température, avec des pointes à 43 °C dans le Sud-Est et des nuits tropicales particulièrement éprouvantes.

Les hôpitaux de plusieurs grandes villes, notamment Lyon, Marseille et Bordeaux, signalent également des tensions sur leurs services d’urgence. Le gouvernement a activé la cellule interministérielle de crise et débloqué des moyens supplémentaires, mais les soignants tirent la sonnette d’alarme sur un système de santé fragile, fragilisé par des années de manque de personnel et de sous-investissement.

Un bilan humain qui s’alourdit

Si les chiffres officiels ne sont pas encore consolidés, les premières estimations des services de l’état civil et des pompes funèbres indiquent une surmortalité significative par rapport aux années précédentes, notamment chez les plus de 75 ans. Des associations de défense des personnes âgées dénoncent un manque d’anticipation et réclament un plan d’urgence pérenne pour les épisodes climatiques extrêmes.

La canicule de 2003, qui avait causé près de 15 000 décès en France, reste dans toutes les mémoires. Cet épisode de 2026, bien que plus court, s’annonce déjà comme l’un des plus meurtriers depuis cette date, notamment en raison de la concentration des fortes chaleurs sur une population vieillissante et mal préparée.