Dans un nouveau développement du contentieux qui l'oppose à plusieurs puissances maritimes, l'Iran a officiellement fait savoir aux Nations unies qu'il estimait avoir le droit de contrôler des portions du détroit d'Ormuz. Cette notification, transmise aux instances onusiennes, constitue une escalade dans la revendication par Téhéran d'une autorité sur cette artère essentielle du transport pétrolier mondial.

La position iranienne, désormais communiquée formellement à l'organisation internationale, affirme que certaines zones du détroit relèvent de sa juridiction. Cette démarche s'inscrit dans le cadre des mesures initiées depuis plusieurs semaines par les autorités iraniennes visant à imposer des frais de passage, à exiger une assurance obligatoire et un enregistrement des navires transitant par cette voie.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un tiers du pétrole brut transporté par voie maritime, est au cœur de vives tensions diplomatiques. Plusieurs États, dont les membres de l'Union européenne et les États-Unis, ont exprimé leur opposition à toute tentative de péage ou de restriction unilatérale de la navigation. La Chine, de son côté, a appelé au maintien d'un transit libre et sans entrave.

Une revendication ancrée dans un différend juridique

La notification à l'ONU intervient alors que Téhéran a rejeté un accord maritime datant de 1968, qu'il considère comme caduc, et conteste le projet omanais visant à créer une voie alternative contournant ses eaux territoriales. Le Corps des Gardiens de la révolution a par ailleurs multiplié les mises en garde contre toute traversée non autorisée, renforçant la présence militaire dans la zone.

Les Nations unies n'ont pas encore rendu publique leur réponse officielle à cette notification. Celle-ci intervient dans un contexte où l'ONU avait déjà dû évacuer des milliers de marins du golfe en raison des tensions. Washington, par la voix du secrétaire d'État Marco Rubio, avait exclu catégoriquement tout paiement de péage à l'Iran, tandis que Donald Trump avait qualifié d'« inacceptables » les prétentions iraniennes.

Des implications économiques et géopolitiques

La revendication d'un droit de contrôle sur des parties du détroit pourrait avoir des conséquences directes sur les flux énergétiques mondiaux. Les compagnies maritimes et les assureurs observent avec inquiétude ces développements, alors que l'Iran exige déjà une assurance spécifique pour les navires empruntant la voie.

Les Européens, qui jugeaient récemment inévitable l'instauration d'un droit de passage, sont confrontés à une position iranienne durcie. Téhéran semble vouloir inscrire sa souveraineté sur le détroit dans le droit international par le biais de cette notification à l'ONU, espérant sans doute obtenir une reconnaissance ou au moins une négociation.

Pour l'heure, aucun compromis ne se profile. Oman avait soumis une proposition de péage géré conjointement, mais Washington avait émis de fortes réserves. L'Iran, en s'adressant directement à l'ONU, tente de changer la nature du débat : de simple menace unilatérale, la question devient un objet de droit international. La réponse des grandes puissances et l'attitude des Nations unies seront déterminantes pour l'évolution de cette crise.