La canicule qui frappe l’Île-de-France continue d’alourdir le bilan humain. Le Samu de Paris a dénombré 109 décès vendredi dans la capitale, alors que la moyenne attendue pour un jour de juin se situe autour de sept morts, selon les services de secours parisiens. Ce bond spectaculaire – plus de quinze fois la normale – illustre la pression extrême exercée par les températures caniculaires sur les populations les plus vulnérables.

Ces chiffres, communiqués par les équipes d’urgence, concernent uniquement les décès constatés lors d’interventions à domicile ou sur la voie publique. Ils n’intègrent pas les personnes décédées à l’hôpital des suites directes ou indirectes de la chaleur. Le Samu précise que cette évaluation partielle donne néanmoins une indication claire de la surmortalité liée à l’épisode de chaleur intense.

Parallèlement, les services d’urgence de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) avaient déjà enregistré près de 3 000 passages aux urgences en 24 heures mercredi, soit une hausse de 36 % par rapport à la période de référence. Les appels aux Samu avaient également augmenté de 50 % dans plusieurs régions. Les téléconsultations, elles, ont connu un essor fulgurant, avec une multiplication par six des connexions sur certaines plateformes.

Un épisode caniculaire exceptionnel

La vague de chaleur qui sévit depuis plusieurs jours sur une large partie du territoire français a atteint des niveaux rarement observés en juin. À Paris, les températures ont dépassé les 40 °C à plusieurs reprises, contraignant les autorités à activer le plan canicule au niveau maximal. Les services de secours sont sous tension, entre les interventions pour coups de chaleur, les déshydratations sévères et les complications chez les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques.

Les 109 décès recensés vendredi ne représentent qu’une partie du coût humain de cet épisode. Les autorités sanitaires appellent à la plus grande vigilance, notamment envers les personnes isolées et les travailleurs exposés en extérieur. Des centres de rafraîchissement ont été ouverts dans plusieurs arrondissements parisiens, et des distributions d’eau sont organisées dans les lieux publics.

Des comparaisons historiques difficiles

La canicule de 2003, qui avait causé près de 15 000 morts en France sur l’ensemble de l’été, reste une référence tragique. Mais les experts rappellent que les pics de surmortalité journalière étaient alors moins bien documentés. Le chiffre de 109 morts en une seule journée à Paris dépasse largement les moyennes saisonnières et alerte sur la capacité du système de santé à faire face à des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents et intenses.

Le Samu et les services d’urgence continuent de recenser les demandes de secours liées à la canicule. Un bilan consolidé sera dressé dans les prochains jours.