Un silence assourdissant sur le climat

Alors que la Coupe du monde 2026 s'apprête à débuter sur le continent nord-américain, la Fédération internationale de football association (Fifa) fait l'objet de vives critiques pour son absence totale de discours environnemental. Des observateurs et des militants écologistes accusent l'organisation de « se foutre de l'environnement », selon une formule qui circule dans les milieux engagés. L'ampleur inédite de cette édition – 104 matchs répartis dans trois pays – suscite des inquiétudes majeures sur son empreinte carbone, que les experts jugent sans précédent dans l'histoire du sport.

Des promesses de durabilité balayées

La Fifa avait pourtant communiqué, ces dernières années, sur des engagements en matière de développement durable. Mais à l'approche du coup d'envoi, force est de constater que ces annonces sont restées lettre morte. Aucun plan concret de réduction des émissions de gaz à effet de serre n'a été présenté pour compenser les déplacements massifs de supporters, les infrastructures temporaires ou la climatisation des stades, dont plusieurs sont situés dans des régions sujettes à de fortes chaleurs. Le contraste est saisissant avec les précédentes éditions, où des labels « verts » étaient parfois mis en avant.

Des joueurs pris à partie

Au-delà de la Fifa, ce sont les joueurs de l'équipe de France qui sont montrés du doigt. Des voix s'élèvent pour dénoncer leur « complicité » dans ce qu'elles qualifient de « désastre écologique ». Leur notoriété et leur influence pourraient, selon certains, leur permettre de peser sur les décisions de l'instance, mais ils restent pour l'heure discrets sur le sujet. Aucune prise de position publique majeure n'a été enregistrée de la part des cadres des Bleus, ce qui alimente les critiques.

Un gigantisme sportif aux conséquences environnementales inédites

Le format de la compétition, élargi à 48 équipes (contre 32 en 2022), et la dispersion des rencontres sur l'ensemble du territoire américain, du Canada et du Mexique, impliquent une logistique colossale. Les trajets en avion entre les différentes villes hôtes se multiplient, tout comme les déplacements de centaines de milliers de supporters. Les associations environnementales estiment que l'empreinte carbone de ce Mondial pourrait être plusieurs fois supérieure à celle de la Coupe du monde 2022 au Qatar, déjà lourdement critiquée. La Fifa, interrogée sur ces chiffres, n'a pas fourni de réponse circonstanciée.

Un appel à la responsabilité

Face à cette situation, certains anciens joueurs et personnalités du football appellent à une prise de conscience collective. Ils estiment que le monde sportif, et en particulier le football, a un devoir d'exemplarité en matière de lutte contre le changement climatique. La Coupe du monde 2026, par son gigantisme, devient un symbole des excès d'un sport business qui semble avoir relégué les enjeux environnementaux au second plan. Les semaines à venir montreront si la pression citoyenne et médiatique parviendra à faire bouger les lignes.

Un calendrier chargé pour les Bleus

L'équipe de France, tenante du titre, entame sa compétition dans les prochains jours. Ses performances sportives seront scrutées, mais son attitude sur les questions écologiques le sera tout autant. Les critiques, qui se focalisent sur le silence des joueurs, pourraient s'intensifier si aucune initiative n'est prise pour répondre aux inquiétudes croissantes de l'opinion publique.