L'administration Trump a officiellement renoncé à créer un fonds spécial visant à indemniser ses partisans qui avaient été poursuivis par les autorités judiciaires sous l'administration Biden. Ce fonds, doté de près de 1,8 milliard de dollars, avait été temporairement bloqué vendredi dernier par une décision de justice rendue par une juge fédérale.
Un fonds qualifié de « caisse noire »
Dès son annonce, ce dispositif avait suscité une vive polémique. Les démocrates l'avaient immédiatement dénoncé comme une « caisse noire » destinée à financer des personnes impliquées dans les événements du 6 janvier 2021, date de l'assaut du Capitole. Selon eux, le fonds aurait permis de rémunérer des émeutiers condamnés ou inculpés, contournant ainsi les procédures judiciaires classiques. La juge fédérale avait estimé que le projet soulevait des questions sérieuses quant à sa légalité et à son éventuel détournement de finalité, justifiant ainsi le gel provisoire.
Une renonciation officialisée
L'abandon du projet a été confirmé par des responsables de l'exécutif, sans que les motifs précis de cette décision ne soient détaillés. Il intervient alors que plusieurs recours en justice étaient en préparation, émanant notamment d'élus démocrates et d'organisations de défense des droits civiques. La somme colossale de 1,8 milliard de dollars était destinée à être prélevée sur des fonds fédéraux initialement alloués à d'autres programmes, ce qui avait également suscité des critiques sur le détournement de crédits.
Un précédent judiciaire
Le gel provisoire avait été prononcé dans l'attente d'une audience plus approfondie. L'administration Trump avait alors laissé entendre qu'elle pourrait renoncer au projet si les obstacles juridiques se multipliaient. Cette perspective s'est concrétisée avec l'annonce officielle de l'abandon. Les observateurs notent que cette décision intervient dans un climat politique tendu, à quelques mois des élections de mi-mandat.
Réactions et implications
Du côté des démocrates, cette renonciation a été accueillie comme une victoire. Plusieurs parlementaires ont salué la décision de la juge et appelé à renforcer les garde-fous contre toute tentative future de créer des fonds parallèles. Aucune déclaration officielle n'a encore été faite par les principaux intéressés, mais des sources proches de la Maison-Blanche indiquent que l'administration souhaite désormais se concentrer sur d'autres priorités législatives.
Ce revirement marque un épisode supplémentaire dans les tensions entre l'exécutif et le judiciaire autour de la gestion des suites du 6 janvier. Le fonds, qui devait être géré par le département de la Justice, visait officiellement à couvrir les frais de justice des personnes poursuivies pour des motifs politiques, selon ses concepteurs. Mais les détracteurs y voyaient un outil de contournement des décisions de justice.
À ce stade, aucune information n'a été donnée sur le sort des sommes déjà engagées ou sur d'éventuelles réaffectations. La juge fédérale devrait officiellement lever la mesure de gel une fois l'abandon confirmé par écrit.