L'administration de Donald Trump a officiellement jeté l'éponge. Le ministère de la Justice par intérim a annoncé, mardi 2 juin 2026, qu'il renonçait à son fonds dit « anti-instrumentalisation » de la justice, un dispositif vivement critiqué par l'opposition et déjà gelé par une décision de justice.

Ce fonds, créé pour indemniser, selon l'exécutif, des personnes ayant subi des poursuites « politiquement motivées », était perçu par le Parti démocrate comme une « caisse noire » destinée à compenser les individus impliqués dans l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021. L'initiative avait provoqué une levée de boucliers dès son dévoilement.

Un gel préalable par la justice Quelques jours plus tôt, le 29 mai 2026, une juge fédérale avait déjà suspendu le déploiement de ce fonds. La magistrate estimait que le mécanisme risquait de détourner des fonds publics à des fins politiques, en contradiction avec la loi. Cette décision avait fait suite à un recours initié par plusieurs organisations et élus démocrates.

Le ministère de la Justice par intérim, chargé de l'intérim après la démission du titulaire du poste, a expliqué que la bataille juridique n'était plus tenable. Dans son annonce du 2 juin, il a précisé que le gouvernement Trump ne ferait pas appel de l'injonction et renonçait à tout décaissement au titre de ce fonds.

Une polémique politique persistante Depuis sa mise en place, le fonds était au cœur d'un vif débat. Les allégations de « caisse noire » ont alimenté les critiques de l'opposition, qui y voyait un moyen de légitimer les actes des personnes condamnées ou inculpées lors des violences du 6 janvier. La décision de la justice avait provoqué une vive irritation dans les rangs des partisans de Donald Trump, qui dénonçaient une « chasse aux sorcières » politique.

Le renoncement actuel scelle donc un revers juridique et symbolique pour l'ex-président, alors que son administration s'était engagée dans plusieurs réformes controversées de l'appareil judiciaire fédéral. Les observateurs soulignent que cette affaire fragilise la posture de Donald Trump, qui se présente comme une victime d'un système judiciaire « instrumentalisé » par ses adversaires.

Pas d'autres fonds similaires annoncés Pour l'instant, la Maison-Blanche n'a pas présenté de dispositif alternatif ni évoqué de nouvelle législation pour remplacer le fonds avorté. L'opposition démocrate a salué une « victoire pour l'État de droit », tout en restant vigilante face à d'éventuelles nouvelles initiatives.