L'ancien Premier ministre Édouard Philippe a vivement critiqué la proposition de ramener l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans, la qualifiant de « mensonge qui coûtera cher » aux Français. Cette déclaration intervient dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle de 2027, alors que plusieurs candidats font de cette mesure un axe central de leur programme.

S'exprimant sur le sujet, celui qui fut chef du gouvernement de 2017 à 2020 a estimé qu'une telle promesse relevait de la tromperie, compte tenu de ses conséquences budgétaires. « C'est un mensonge qui coûtera cher aux Français », a-t-il affirmé, sans préciser le coût exact estimé. Il a souligné que le système de retraite par répartition ne pourrait supporter un retour à un âge de départ aussi bas sans une hausse massive des cotisations ou un endettement supplémentaire.

Ces propos interviennent alors que le débat sur l'âge de départ à la retraite reste vif, moins d'un an après l'adoption de la réforme qui a repoussé l'âge légal à 64 ans. Plusieurs candidats à la présidentielle, notamment issus des rangs de La France insoumise et du Rassemblement national, ont promis un retour à 60 ou 62 ans. Édouard Philippe, qui brigue lui-même la fonction suprême sous la bannière du parti Horizons, défend pour sa part une approche pragmatique, jugeant indispensable de préserver l'équilibre financier du système.

L'ancien locataire de Matignon a également mis en garde contre les effets démographiques : allongement de l'espérance de vie et baisse du ratio actifs/retraités rendent, selon lui, toute promesse de départ anticipé irresponsable sans un financement clairement identifié. « On ne peut pas dire aux gens tout ce qu'ils veulent entendre sans dire comment on paie », a-t-il insisté.

Ces déclarations relancent la polémique sur la soutenabilité des engagements sociaux des candidats. Plusieurs économistes et organismes, comme le Conseil d'orientation des retraites, estiment qu'un retour à 60 ans nécessiterait des réformes structurelles ou une augmentation significative des prélèvements obligatoires. En attendant, Édouard Philippe s'affiche comme l'un des principaux opposants à cette mesure, dans l'espoir de séduire un électorat soucieux de rigueur budgétaire.