Des prévisions alarmantes pour l'été 2026

Le programme européen d'observation de la Terre Copernicus a actualisé ses projections climatiques et alerte sur un risque accru de voir se développer un phénomène El Niño d'une intensité exceptionnelle au cours de l'été 2026. Selon les données les plus récentes du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), la probabilité d'un épisode qualifié de « très fort » atteint désormais 40 %, un niveau jamais observé dans les modèles à cette échéance.

Ce constat confirme et durcit les mises en garde formulées récemment par les Nations unies, qui évoquaient déjà un épisode intense. Le scénario le plus plausible, selon Copernicus, reste toutefois celui d'un El Niño d'intensité modérée à forte, mais la part de scénarios extrêmes a nettement progressé par rapport aux projections antérieures.

Un mécanisme océanique et atmosphérique qui se renforce

El Niño se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans l'océan Pacifique équatorial central et oriental. Ce phénomène naturel perturbe la circulation atmosphérique globale et entraîne des conséquences climatiques majeures : sécheresses dans certaines régions (Australie, Indonésie, Afrique australe), précipitations excessives et inondations dans d'autres (côte ouest de l'Amérique du Sud, sud des États-Unis), et cyclones tropicaux plus nombreux dans le Pacifique.

L'intensité d'un épisode El Niño se mesure notamment via l'indice ONI (Oscillation australe), qui compare la température de surface de la mer à la normale. Un « très fort » El Niño correspond à un écart supérieur à 2°C pendant plusieurs mois consécutifs. Les épisodes de 1982-1983, 1997-1998 et 2015-2016 avaient atteint ce seuil.

Des conséquences potentielles graves

Si les prévisions de Copernicus se confirmaient, l'été 2026 pourrait être marqué par des records de température mondiale, une multiplication des événements extrêmes et des impacts sévères sur l'agriculture, les ressources en eau et la santé publique. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) avait déjà appelé à renforcer les systèmes d'alerte précoce et à préparer les populations vulnérables.

Le phénomène pourrait également aggraver la sécheresse dans le bassin méditerranéen et en Afrique de l'Est, tandis que l'Asie du Sud-Est et l'Amérique centrale risquent des pluies diluviennes et des glissements de terrain. Les modèles climatiques suggèrent en outre une hausse probable de la température moyenne globale au-dessus de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle, franchissant temporairement le seuil fixé par l'accord de Paris.

Une incertitude qui demeure

Les experts rappellent que les prévisions saisonnières comportent une marge d'erreur, d'autant plus à plusieurs mois d'échéance. La probabilité de 40 % pour un épisode très fort n'est pas une certitude, et des conditions océaniques ou atmosphériques pourraient encore évoluer. Néanmoins, la convergence des modèles européens et internationaux vers un scénario de forte intensité pousse les autorités à prendre le sujet au sérieux.

Copernicus prévoit de publier des mises à jour mensuelles de ses prévisions. Les gouvernements des régions les plus exposées sont invités à anticiper les plans d'urgence, notamment dans les secteurs de l'eau, de l'agriculture et de la gestion des catastrophes naturelles.