Le président colombien, Gustavo Petro, a une nouvelle fois mis en cause Donald Trump, l'accusant de soutenir des « narco-paramilitaires » en Colombie. Cette déclaration, la plus récente d'une série d'attaques verbales, intervient alors que la campagne présidentielle colombienne s'achève et que Donald Trump, candidat à la présidentielle américaine, a apporté son soutien à un candidat d'extrême droite en Colombie, Abelardo de la Espriella. Les relations entre les deux hommes se dégradent fortement, au point que Petro qualifie désormais Trump de « menace pour la démocratie » en Colombie.
Le président colombien a affirmé que Donald Trump chercherait à « déstabiliser » la Colombie en « finançant des groupes criminels et des narco-paramilitaires ». Ces accusations s'inscrivent dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre les deux pays, exacerbées par la prise de position de Trump en faveur de De la Espriella. Gustavo Petro voit dans ce soutien une ingérence dans les affaires intérieures colombiennes et une tentative de favoriser l'arrivée au pouvoir d'un candidat lié à des « intérêts criminels ».
D'après des sources proches du gouvernement colombien, Petro aurait également dénoncé des « preuves » de financement de groupes armés par des « réseaux proches de Trump ». Toutefois, aucune preuve tangible n'a été rendue publique pour étayer ces accusations. L'équipe de campagne de Donald Trump a vivement rejeté ces allégations, les qualifiant de « ridicules » et de « sans fondement », ajoutant que le président colombien « cherche à détourner l'attention de ses propres échecs politiques ».
Abelardo de la Espriella, le candidat soutenu par Trump, a également répondu en accusant Petro de « mentir » et de « calomnier » pour discréditer ses adversaires politiques. Il a par ailleurs souligné que les accusations de Petro ne reposent sur aucun élément concret et a réitéré son attachement à la légalité et à la lutte contre le narcotrafic, en opposition aux positions du président sortant.
Ces échanges ne sont pas nouveaux : depuis plusieurs semaines, Gustavo Petro multiplie les déclarations accusant Trump de collusion avec des groupes criminels en Colombie. Le point de départ a été l'annonce du soutien de Trump à De la Espriella au deuxième tour de l'élection présidentielle colombienne. Depuis, Petro a tenté de lier ce soutien à des pratiques illégales, tout en se présentant comme le seul rempart contre une « mafia » qui menacerait la démocratie colombienne.
Les implications pour les relations bilatérales
Cette escalade verbale risque d'affecter les relations entre la Colombie et les États-Unis, déjà tendues en raison des divergences politiques entre Petro, un social-démocrate, et Trump, qui prône des politiques de droite dure. Washington n'a pas officiellement commenté les accusations de Petro, mais des représentants américains ont souligné que la coopération en matière de lutte contre le narcotrafic restait « une priorité » quelle que soit l'issue de l'élection présidentielle américaine.
Gustavo Petro, quant à lui, semble vouloir utiliser cette polémique pour mobiliser son électorat et dénoncer une ingérence étrangère, tout en discréditant son adversaire politique. De son côté, Donald Trump, en soutenant De la Espriella, cherche à établir une alliance politique en Amérique latine, en s'appuyant sur des forces conservatrices.
La suite de cette confrontation dépendra en partie de l'issue des élections en Colombie et aux États-Unis. Une victoire de De la Espriella renforcerait la position de Trump et mettrait fin aux accusations de Petro, tandis qu'une réélection de Petro pourrait raviver les tensions. En attendant, les deux camps continuent d'échanger des accusations qui polarisent davantage la politique intérieure colombienne.