Donald Trump a officialisé son appui au candidat conservateur Abelardo De La Espriella dans la course à la présidence colombienne, à l'approche du second tour prévu le 21 juin. Le chef de l'État américain a salué sur son réseau Truth Social les qualités d'« intelligent, fort et dur » de cet avocat pénaliste sans expérience politique, qui se fait appeler « le Tigre ». Selon M. Trump, ce dernier est l'homme qui permettra de « stopper l'immigration illégale » et de « restaurer l'ordre » en Colombie. Il a également qualifié son adversaire de « marxiste d'extrême gauche ».

Un scrutin sous tension

Arrivé en tête du premier tour avec plus de 40 % des suffrages, Abelardo De La Espriella affrontera Ivan Cepeda, sénateur issu du parti du président sortant Gustavo Petro et figure reconnue de la défense des droits humains. Ce dernier prône une approche différente face au narcotrafic : il dénonce « l'échec de la guerre contre la drogue » et met en garde contre un usage excessif de la force militaire. Le candidat de droite, au contraire, promet de « confronter, vaincre et punir les ennemis de la Colombie » et d'édifier dix méga-prisons pour incarcérer les trafiquants.

Un allié stratégique pour Washington

Ce soutien intervient dans un contexte où la Maison-Blanche cherche à renforcer sa lutte contre les cartels de la drogue en Amérique latine. En mars, Donald Trump avait réuni en Floride plusieurs dirigeants conservateurs de la région, leur demandant de fournir des renseignements pour « éradiquer les cartels criminels ». Des experts estiment que la Colombie, après le Mexique, est le pays le plus crucial pour cette mission. L'élection d'Abelardo De La Espriella offrirait à Washington un allié résolu dans une nation clé de la région andine.

Des visions opposées

Le duel électoral met en lumière deux conceptions radicalement différentes de la sécurité et de la politique antidrogue. Là où Ivan Cepeda appelle à une réévaluation de la prohibition et à des solutions sociales, De La Espriella mise sur une répression ferme et la construction d'un appareil carcéral massif. Son manque d'expérience politique suscite des interrogations, mais son discours sécuritaire a séduit une partie de l'électorat colombien, lassé par la violence persistante des groupes armés.

Un scrutin décisif pour les relations bilatérales

Au-delà de la rhétorique, le résultat du 21 juin aura des répercussions directes sur la coopération entre Bogota et Washington. Un gouvernement De La Espriella pourrait accélérer les opérations conjointes contre les cartels et renforcer la pression migratoire, tandis qu'une victoire de Cepeda risquerait de raviver les tensions avec l'administration Trump, déjà critiques de l'héritage de Gustavo Petro. Les prochains jours verront les deux camps intensifier leur campagne dans un pays profondément divisé.