Gustavo Petro, président de la Colombie, a accusé son homologue américain Donald Trump de soutenir des « narco-paramilitaires » opérant sur le territoire colombien. Cette déclaration, rapportée dans un communiqué officiel, marque une escalade verbale significative entre les deux dirigeants, alors que le pays sud-américain s’apprête à tenir le second tour de son élection présidentielle prévu pour le 4 juin 2026.
Des accusations graves sans précédent
Dans une publication sur le réseau social X, Gustavo Petro a affirmé sans détour que « le président des États-Unis, Donald Trump, soutient les narco-paramilitaires en Colombie ». Selon lui, ce soutien se matérialiserait par un appui militaire et logistique à des groupes illégaux, notamment dans la région du Catatumbo, où des affrontements ont causé la mort de plusieurs civils ces dernières semaines. Le chef de l’État colombien a également évoqué des « preuves » qu’il dit détenir sans toutefois les rendre publiques. Ces propos interviennent alors que les relations bilatérales entre Bogota et Washington sont déjà mises à rude épreuve depuis le début de l’année.
Une campagne électorale sous tension
Cette accusation intervient dans un contexte politique colombien particulièrement tendu. Le 4 juin 2026, les électeurs colombiens sont appelés aux urnes pour départager Gustavo Petro, candidat de gauche, et Abelardo de la Espriella, candidat d’extrême droite. Or, Donald Trump a officiellement apporté son soutien à ce dernier le 4 juin, par l’intermédiaire d’un message sur le même réseau social. Le président américain a qualifié Abelardo de la Espriella de « grand ami des États-Unis » et a appelé les Colombiens à voter pour lui afin de « restaurer la sécurité et la prospérité ». Ce soutien explicite de Washington à un candidat ouvertement hostile à l’actuel gouvernement colombien a été perçu comme une ingérence par Petro.
La question de la double nationalité en débat
La candidature d’Abelardo de la Espriella soulève par ailleurs des questions juridiques. Ce dernier possède la double nationalité colombienne et américaine. Selon la Constitution colombienne, un candidat à la présidence doit être colombien de naissance, ce qui est le cas de De la Espriella, né en Colombie. Cependant, certains juristes estiment que sa citoyenneté américaine pourrait poser problème en cas de conflit d’intérêts, notamment en matière de souveraineté nationale. Ce débat a été relancé par les récentes déclarations de Petro, qui y voit une potentielle violation de la souveraineté colombienne.
Des conséquences diplomatiques potentielles
Les relations entre la Colombie et les États-Unis sont historiquement marquées par une coopération sécuritaire étroite, notamment dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic et les groupes armés. L’accusation de Gustavo Petro est inédite à ce niveau de confrontation directe. Le président colombien a également indiqué qu’il serait empêché de rencontrer le maire de New York, Eric Adams, lors d’un déplacement prévu aux États-Unis, sans toutefois préciser les raisons de cette annulation. Ce différend intervient alors que la Colombie est confrontée à une intensification des violences dans plusieurs régions, notamment dans le département de Norte de Santander, où les affrontements entre l’Armée de libération nationale (ELN) et des groupes dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont fait au moins 80 morts depuis avril 2026, selon des rapports officiels.
Un enjeu international
La communauté internationale suit de près cette escalade rhétorique. L’Organisation des Nations unies a appelé au calme et à un dialogue constructif entre les deux pays. De son côté, la Maison-Blanche n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations. Gustavo Petro, qui a promis une « paix totale » lors de son élection en 2022, voit son bilan sécuritaire fragilisé par ces nouvelles violences et par ce conflit diplomatique avec le principal allié de la Colombie. Les électeurs colombiens devront trancher dans les prochaines semaines, dans un climat marqué par une polarisation extrême et des accusations réciproques d’ingérence étrangère.