La France méditerranéenne reste sous la menace des flammes. Ce lundi 20 juillet, les autorités ont classé 27 départements en niveau de risque « élevé » pour les incendies, un chiffre qui témoigne de l’ampleur de la sécheresse et des températures caniculaires qui frappent le pays depuis plusieurs semaines. Deux foyers majeurs concentrent l’attention des pompiers : l’un dans le Var, l’autre en Haute-Corse.

Var : un feu en « maîtrise relative » mais pas encore fixé

Dans le Var, le sinistre qui a déjà parcouru plusieurs centaines d’hectares depuis la fin de la semaine dernière est décrit par les services de secours comme étant dans « une situation de maîtrise relative ». Le terme indique que les flammes ne progressent plus de manière incontrôlée, mais le feu n’est pas encore considéré comme « fixé », c’est-à-dire totalement circonscrit. Les pompiers poursuivent leurs opérations de noyage et de surveillance, appuyés par des moyens aériens quand les conditions le permettent. Le mistral, qui avait attisé les flammes les jours précédents, s’est calmé, mais la sécheresse de la végétation et les températures élevées maintiennent un danger latent.

Haute-Corse : deux incendies d’origine naturelle en montagne

En Haute-Corse, la situation est également préoccupante. Deux incendies, déclenchés par la foudre le 12 juillet, restent actifs dans des secteurs montagneux isolés. Le relief accidenté et l’absence de voies d’accès faciles compliquent l’intervention des sapeurs-pompiers, qui concentrent leurs efforts sur la protection des hameaux et des infrastructures. Ces feux, bien que de superficie moindre que celui du Var, représentent un défi logistique important, d’autant que les moyens aériens sont partagés entre plusieurs théâtres d’opération dans le sud de la France.

Une vigilance élargie sur le pourtour méditerranéen

Le classement de 27 départements en risque « élevé » par les services météorologiques et les autorités de sécurité civile couvre une large bande allant du Roussillon aux Alpes-Maritimes, incluant la Corse et remontant parfois vers la vallée du Rhône. Ce niveau d’alerte, le plus haut avant la déclaration de « risque exceptionnel », implique une interdiction des travaux à risque et des restrictions d’accès aux massifs forestiers. Les préfectures appellent la population à la plus grande prudence et rappellent que la majorité des départs de feu sont d’origine humaine, accidentelle ou criminelle.

Le contexte climatique aggrave la situation. La vague de chaleur qui sévit depuis la fin juin a asséché les sols et la végétation, rendant les forêts particulièrement inflammables. Selon les données des autorités, plus de 7 000 départs de feu ont déjà été comptabilisés depuis le début de l’année 2026, un chiffre bien supérieur à la moyenne des années précédentes. Les pompiers, épaulés par des renforts nationaux et parfois européens, sont engagés sur de multiples fronts.

Des moyens conséquents mobilisés

Dans le Var, plusieurs centaines de sapeurs-pompiers sont déployés, épaulés par des colonnes venues d’autres départements. Des avions bombardiers d’eau, notamment des Canadairs et des Dash, effectuent des rotations régulières pour ralentir la progression des flammes et protéger les zones habitées. En Haute-Corse, les hélicoptères bombardiers d’eau sont privilégiés en raison de la topographie. Aucune perte humaine n’est à déplorer pour l’instant, mais plusieurs habitations ont été endommagées ou détruites, notamment dans le Var où des évacuations préventives avaient été ordonnées.

Les prévisions météorologiques pour les prochains jours n’annoncent pas d’amélioration significative. Les températures devraient rester élevées sur le pourtour méditerranéen, sans précipitations attendues à court terme. La lutte contre les incendies s’annonce donc longue, et les autorités appellent à la responsabilité de chacun pour éviter de nouveaux départs de feu.