La tension monte à New Delhi à la veille de l'ouverture de la session de mousson du Parlement indien. Le Cockroach Janata Party (CJP), mouvement d'opposition né sur les réseaux sociaux autour de la contestation des fuites aux examens, a affirmé que des éléments liés au parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi, ainsi que des membres de la police de Delhi s'étaient infiltrés dans ses rangs. Selon le CJP, ces personnes auraient pour mission de faire des déclarations provocatrices afin de perturber la mobilisation.
Cette accusation survient alors que les forces de l'ordre ont refusé d'autoriser la marche que le CJP prévoit d'organiser lundi 20 juillet en direction du Parlement. La police a invoqué l'interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes dans le district de New Delhi, à l'exception du site de Jantar Mantar, où les manifestants campent depuis plus de trois semaines. Les autorités justifient ces mesures par la nécessité d'assurer la sécurité publique et la protection des installations gouvernementales alors que débute la session parlementaire.
L'activiste Sonam Wangchuk hospitalisé de force
Le mouvement, qui revendique 22 millions d'abonnés sur Instagram depuis sa création en mai, a été renforcé par l'évacuation forcée de l'activiste Sonam Wangchuk, samedi 18 juillet. Wangchuk, âgé de 59 ans, menait une grève de la faim depuis le 28 juin pour réclamer la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, qu'il tient pour responsable des fuites massives de sujets d'examen ayant pénalisé des millions d'étudiants. La police l'a transféré contre son gré dans un hôpital public au vingt-et-unième jour de son jeûne, suscitant l'indignation de ses partisans.
Dans un message publié par son épouse sur le réseau social X, Sonam Wangchuk a qualifié la marche prévue de « deuxième mouvement pour la liberté de l'Inde », la présentant comme une lutte pour « la liberté contre l'injustice (comme les fuites d'examens) » et « la liberté contre la peur (ma détention illégale) ». Un tribunal de Delhi a cependant estimé que les autorités étaient en droit de le déplacer à l'hôpital, celui-ci n'ayant pas accepté de lui-même les soins malgré la dégradation de son état de santé. Selon la juge Mini Pushkarna, les médecins ne lui avaient administré que des liquides par voie orale.
Le CJP maintient son appel à manifester
Malgré l'interdiction, le CJP a annoncé que la marche aurait bien lieu lundi. Un porte-parole du mouvement, qui a requis l'anonymat avant la finalisation des plans, a déclaré : « La marche est maintenue, c'est certain. Nous sommes en train de régler les détails. » Le parti a également souligné son attachement à la stricte non-violence pendant la mobilisation.
Parallèlement, un autre militant, identifié sous le nom de Dipke, a entamé une grève de la faim illimitée en appelant à la démission du Premier ministre Narendra Modi. La contestation, qui a débuté comme un phénomène viral en ligne, s'est transformée en un défi politique concret pour le gouvernement, attisant le mécontentement de la jeunesse indienne face au chômage et aux dysfonctionnements du système éducatif.