Le Premier ministre britannique Keir Starmer a officialisé ce lundi 22 juin sa démission de la direction du Parti travailliste, cédant à la pression croissante exercée par les députés de son propre camp. dans une allocution prononcée depuis le 10 Downing Street, il a indiqué avoir informé le roi Charles III de sa décision. Il conservera ses fonctions de chef du gouvernement jusqu'à la désignation de son successeur.
« La question que mon parti me pose aujourd'hui est de savoir si je suis le mieux placé pour le mener à la prochaine élection générale », a déclaré le dirigeant travailliste, la voix nouée par l'émotion. « J'ai entendu la réponse de mon groupe parlementaire à cette question, et je l'accepte de bonne grâce. » Il a ajouté vouloir apporter « mon soutien total et sans équivoque » à celui ou celle qui prendra sa suite.
Cette annonce intervient moins de deux ans après la victoire écrasante du Labour aux élections législatives de juillet 2024, qui avait porté M. Starmer au pouvoir. Depuis, ses premiers mois à la tête de l'exécutif ont été marqués par des difficultés à imposer son programme et à concrétiser ses promesses de campagne, un contexte qui a alimenté les critiques en interne.
Andy Burnham, le grand favori
La défaite cinglante du parti aux élections locales du mois dernier a précipité une rébellion au sein de la majorité. Plusieurs élus ont réclamé le départ de leur chef, estimant qu'il n'était plus en mesure de redonner une dynamique au gouvernement. La situation s'est aggravée avec la victoire éclatante d'Andy Burnham à l'élection partielle de Makerfield, dimanche 21 juin. L'ancien maire de Manchester a fait son retour au Parlement, renforçant son statut de successeur naturel.
Le processus de succession est désormais engagé. Les candidatures à la direction du Parti travailliste – et donc au poste de Premier ministre – seront ouvertes à partir du 9 juillet et devront être déposées avant la pause parlementaire de l'été, le 16 juillet. Si plusieurs postulants se déclarent, le parti organisera un scrutin dont le résultat devra être connu avant la rentrée parlementaire de septembre. Andy Burnham, qui a déjà brigué la tête du Labour à deux reprises par le passé, est donné favori. Il n'est toutefois pas certain que d'autres candidats ne se présentent pas pour lui disputer la succession.
Avec ce départ, le Royaume-Uni s'apprête à connaître son septième chef de gouvernement depuis 2016, une période marquée par une forte instabilité politique.
Une réaction des marchés mesurée
Sur les marchés financiers, l'annonce de la démission de M. Starmer a provoqué un léger recul de la livre sterling, tandis que les obligations d'État britanniques sont restées stables. Les investisseurs semblent pour l'heure adopter une attitude d'attente, le scénario d'une transition ordonnée étant désormais enclenché.
Dans son discours d'adieu, visiblement ému, le Premier ministre sortant a également évoqué sa vie personnelle : « Quand je quitterai le plus grand travail du pays, je consacrerai plus de temps au plus important : être le meilleur mari possible pour ma fantastique épouse Vic, qui a été un roc à mes côtés dans les bons comme dans les mauvais moments, et le meilleur père possible pour mes magnifiques enfants, qui sont ma fierté et ma joie. »