Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission, lundi 22 juin, lors d'une déclaration solennelle devant le 10 Downing Street. Il quitte à la fois ses fonctions de chef du gouvernement et de leader du Parti travailliste, cédant à des semaines de tension et à une contestation grandissante au sein de sa propre formation politique.
« La question que mon parti me pose aujourd'hui est de savoir si je suis le mieux placé pour le conduire à la prochaine élection générale, a déclaré Keir Starmer. J'ai entendu la réponse de mon groupe parlementaire, et je l'accepte avec bonne volonté. » Il a ajouté avoir informé le roi Charles III de sa décision dans la matinée.
Un calendrier de transition déjà fixé
Le départ du Premier ministre ne sera pas immédiat. Keir Starmer a précisé qu'il resterait en poste jusqu'à ce que son successeur soit choisi, et a demandé à l'instance dirigeante du Labour de fixer un calendrier pour le remplacer. Selon des sources concordantes, les candidatures à la direction du parti seront ouvertes à partir du 9 juillet et closes avant la pause parlementaire estivale, le 16 juillet. Si plusieurs candidats se présentent, l'élection interne devrait être bouclée avant la rentrée parlementaire de septembre. Le chef de l'État a promis de garantir une transition « ordonnée » et d'apporter à son successeur « un soutien total et sans équivoque ».
Andy Burnham, le retour en force
Le nom qui domine déjà les pronostics est celui d'Andy Burnham, ancien maire de Manchester et figure de proue de l'aile gauche du parti. Il a fait son retour au Parlement le week-end dernier en remportant haut la main une élection partielle dans la circonscription de Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre. Ce scrutin, perçu comme un test national, a été un camouflet pour Keir Starmer et a accéléré sa chute.
Andy Burnham, qui s'était déjà présenté deux fois à la direction du Labour, est décrit comme le « favori déclaré » pour prendre la tête du parti et du gouvernement. Il n'est toutefois pas certain que sa désignation se fasse sans opposition : plusieurs autres députés pourraient se lancer dans la course.
Les causes d'une chute
Keir Starmer, âgé de 63 ans, ancien avocat et directeur des poursuites publiques, avait conduit le Labour à une victoire historique en juillet 2024, mettant fin à quatorze ans de gouvernements conservateurs. Il avait alors obtenu la plus large majorité parlementaire pour son parti depuis 1997. Mais son mandat a rapidement été émaillé de déceptions : des sondages d'opinion défavorables, des scandales, et une difficulté persistante à définir un cap clair.
Les sources divergent sur l'élément déclencheur précis de sa chute, mais plusieurs mentionnent les lourdes pertes subies par le Labour lors des élections locales du mois de mai, qui ont provoqué une fronde ouverte parmi les parlementaires. Selon certaines analyses, c'est la combinaison d'une absence de plan cohérent et d'une approche jugée trop prudente qui a miné sa crédibilité.
Réactions et implications
La déclaration de Keir Starmer, empreinte d'émotion, a été prononcée en présence de son épouse Victoria. Il a conclu en déclarant vouloir désormais se consacrer à sa famille : « Quand je quitterai le plus grand poste du pays, je consacrerai plus de temps au plus important : être le meilleur mari possible pour ma merveilleuse femme Vic, qui a été un roc à mes côtés dans les bons et les mauvais moments, et être le meilleur père possible pour mes magnifiques enfants. »
Le Royaume-Uni s'apprête ainsi à connaître son septième Premier ministre depuis 2016. Sur les marchés financiers, la livre sterling a légèrement reculé tandis que les emprunts d'État britanniques (gilts) restaient stables, signe que les investisseurs surveillent de près l'issue de la course à la succession.
La procédure de désignation du nouveau chef du Labour – et donc du prochain Premier ministre – s'ouvrira officiellement dans les jours à venir, avec le retour du Parlement après la pause estivale comme date butoir.