Quelques heures après l'annonce par Donald Trump d'un accord visant à mettre un terme à son conflit avec l'Iran, des familles libanaises déplacées par les combats entre le Hezbollah et Israël ont commencé à regagner leurs foyers dans le sud du pays. Ce mouvement de retour est le second depuis la reprise des hostilités actives début mars.
Israël a toutefois réaffirmé son intention de préserver sa zone tampon militaire dans le Sud-Liban et de poursuivre ses frappes contre le Hezbollah. Malgré ces réserves, de nombreux habitants épuisés par la guerre ont fait le chemin inverse, espérant que la trêve annoncée entre Washington et Téhéran puisse apporter une accalmie durable.
Dans plusieurs villages, les retours se sont déroulés dans un calme relatif. Les résidents, prudents, disent compter sur Donald Trump pour faire pression sur Israël et garantir le respect d'un cessez-le-feu. « Nous voulons juste que cela s'arrête, que nous puissions reconstruire », a confié un habitant de Rmeileh, localité côtière du Chouf.
L'accord entre les États-Unis et l'Iran, dont les détails n'ont pas été rendus publics immédiatement, intervient après des semaines de tensions régionales. Il met fin à une campagne militaire américaine contre l'Iran qui avait suscité des inquiétudes quant à une escalade généralisée au Moyen-Orient.
Sur le terrain libanais, la situation demeure fragile. Les infrastructures ont été lourdement endommagées dans les zones de combat, et les familles qui reviennent découvrent souvent des maisons détruites ou pillées. « Beaucoup de villages ne sont plus que ruines », témoigne un habitant de la région frontalière.
L'annonce de l'accord a néanmoins ravivé un mince espoir chez les déplacés. « Nous avons déjà vécu des trêves avortées, mais celle-ci pourrait être différente, car elle implique les Américains directement », estime un résident de Tyr, ville côtière du Sud-Liban.
Les autorités libanaises n'ont pas encore officiellement réagi à l'accord. De leur côté, le Hezbollah et Israël restent en alerte. Les forces israéliennes ont renforcé leur présence dans la zone tampon, tout en évitant pour l'instant toute initiative militaire majeure.
Ce retour massif, bien que prudent, illustre l'impact de la diplomatie américaine sur le conflit libanais. Reste à savoir si l'accord avec l'Iran se traduira par une véritable désescalade entre Israël et le Hezbollah.