Un accord scellé à distance

Le président des États-Unis, Donald Trump, a officialisé la conclusion d'un accord préliminaire avec l'Iran, qualifiant celui-ci de « mur » contre l'acquisition par Téhéran de l'arme nucléaire. Selon ses déclarations faites mardi en marge du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, le mémorandum d'entente (protocole d'accord) a été signé par voie électronique. Une cérémonie de signature formelle est prévue vendredi à Genève, en Suisse. À l'issue de cette étape, les deux parties disposeront d'un délai de soixante jours pour parvenir à un texte définitif.

« Cet accord est un mur contre une arme nucléaire », a affirmé M. Trump, avant d'ajouter une menace directe : « la seule chose qui compte vraiment pour moi, c'est que l'Iran n'aura jamais d'arme nucléaire, ou alors il sera détruit ». Le locataire de la Maison-Blanche a également estimé que la seconde phase des discussions, après la signature à Genève, « devrait être en réalité plus facile ».

Un changement de ton envers Téhéran

Le dirigeant américain a jugé que l'Iran dispose désormais d'un « leadership rationnel », par opposition aux dirigeants « totalement irrationnels » qui, selon lui, ont été éliminés lors des frappes américaines et israéliennes menées au début du conflit. Cette appréciation contraste avec la rhétorique belliqueuse qui a précédé l'accord.

Critiques acerbes envers Israël

Lors de cette même apparition publique, M. Trump a adressé des critiques peu communes à l'égard de l'État hébreu et de son Premier ministre, Benjamin Netanyahu. Bien qu'il ait affirmé entretenir une « excellente relation » avec ce dernier, il l'a exhorté à « être plus responsable vis-à-vis du Liban ». Le président américain a reproché à l'armée israélienne de combattre le Hezbollah « trop longtemps et de tuer trop de gens ». Il a également déclaré : « on n'a pas besoin de détruire un immeuble à chaque fois qu'on cherche quelqu'un, parce qu'il y a beaucoup de gens dans ces immeubles, et ce ne sont pas tous des membres du Hezbollah ».

Ces déclarations font suite à un message publié dimanche sur son réseau Truth Social, dans lequel M. Trump avait déjà exprimé sa colère après des frappes israéliennes sur Beyrouth, estimant qu'elles auraient pu compromettre les négociations en cours avec l'Iran. Il avait alors souligné que ces attaques « n'auraient pas dû avoir lieu, particulièrement un jour spécial où nous sommes si proches d'un accord de paix avec l'Iran ».

Une solution syrienne évoquée

Dans une suggestion qui a surpris, M. Trump a indiqué avoir proposé à Israël de « laisser la Syrie s'occuper du Hezbollah », ajoutant qu'à son avis, « ils feraient un meilleur travail ». Cette sortie intervient alors que le conflit entre Israël et le Hezbollah, qui a fait des milliers de victimes civiles au Liban, reste l'un des principaux facteurs de déstabilisation régionale.

Réactions et perspectives

Interrogé sur la capacité de l'accord à survivre à d'éventuelles nouvelles frappes israéliennes, le président Trump n'a pas apporté de réponse tranchée. Des diplomates présents à Évian ont indiqué que le dossier iranien était au centre des discussions du G7, aux côtés de la situation en Ukraine. La signature du mémorandum d'entente à Genève, vendredi, constituera le premier test de la viabilité de cette entente, alors que les positions des différents acteurs régionaux restent incertaines.