Alors que Donald Trump annonce être dans les « derniers affres » de ce qu’il qualifie de « très, très bon accord » avec l’Iran, l’armée israélienne a ordonné mardi l’évacuation de la totalité de la ville côtière de Tyr, au Liban-Sud, y compris de son quartier chrétien, et a lancé des bombardements qui ont tué au moins huit personnes.

Selon le président américain, qui s’exprimait devant la presse lundi, le détroit d’Ormuz serait rouvert « immédiatement après la signature », qu’il estime possible « dans deux ou trois jours ». Il a ajouté que le blocus naval imposé par les États-Unis à l’Iran s’était révélé « bien plus efficace que les bombardements » pour pousser Téhéran à la table des négociations. « Nous pourrions très facilement passer deux ou trois semaines de plus à bombarder, ce qui laisserait l’Iran sans rien », a-t-il déclaré, tout en précisant que cela retarderait la réouverture du détroit.

L’escalade la plus récente a été déclenchée dimanche par le bombardement israélien de Beyrouth, auquel l’Iran a répondu en tirant des missiles vers le nord d’Israël. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué dans une déclaration télévisée avoir rappelé à Donald Trump qu’« Israël a le droit de légitime défense et l’exerce comme il se doit ». De son côté, le président américain a confié au site Axios avoir averti Netanyahu : « Vous feriez mieux de faire attention, sinon vous serez bientôt livré à vous-même. »

Evacuation massive et frappes meurtrières à Tyr

L’ordre d’évacuation — le plus étendu jamais émis par l’armée israélienne pour cette ville — a touché le quartier chrétien de Tyr, où de nombreux déplacés s’étaient réfugiés ces derniers jours. Des témoins rapportent que des milliers de personnes ont pris la route, fuyant les bombardements. L’attaque israélienne qui a suivi a fait au moins huit morts, selon le ministère libanais de la Santé. Tyr avait déjà été visée ces jours précédents : lundi, cinq personnes avaient été tuées et quatre secouristes blessés. Dans l’ensemble du pays, au moins neuf personnes ont péri lundi sous les frappes israéliennes.

Position iranienne : un accord lié à l’arrêt des hostilités au Liban

Téhéran insiste sur le fait qu’un accord avec Washington doit impérativement inclure la fin des combats au Liban. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a mis en garde contre la poursuite des agressions, affirmant qu’elles se heurteraient à des « mesures plus sévères et écrasantes ». Il a également déclaré que les États-Unis étaient « directement responsables » de l’escalade, étant « partie aux négociations de cessez-le-feu. Par conséquent, tout acte violant le cessez-le-feu — interception de navires, ciblage du Sud-Liban par Israël, ou tout autre événement — rendra les États-Unis directement responsables de l’escalade dans la région. »

Le président iranien Massoud Pezeshkian a posté sur X que Téhéran était « toujours à la table des négociations ». L’ambassadeur iranien auprès des Nations unies, Amir Saïd Iravani, a précisé que Washington et Téhéran, par l’intermédiaire du Pakistan, « présentent et échangent des points de vue » en vue d’un accord.

Situation militaire et humanitaire

Israël et l’Iran ont tous deux annoncé lundi avoir mis fin à leurs frappes réciproques, mais l’armée israélienne a précisé qu’elle continuerait à viser le Sud-Liban. Le ministre de la Défense Israel Katz a déclaré que les forces poursuivraient leurs opérations contre le Hezbollah et frapperaient la banlieue sud de Beyrouth en riposte à tout tir visant le nord d’Israël. Le Hezbollah a affirmé avoir mené des opérations contre les forces israéliennes d’invasion dans le pays, notamment près du château de Beaufort.

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que le bilan total de l’offensive israélienne depuis le 2 mars s’élève désormais à 3 666 morts, avec plus de 11 000 blessés. Ces chiffres soulignent l’ampleur d’un conflit qui, malgré les espoirs diplomatiques suscités par les annonces de Donald Trump, continue de faire des victimes et de déplacer des populations.