La Cour suprême des États-Unis a rendu le 25 juin une décision qui permet à l'administration Trump de mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens. En conséquence, les permis de travail de quelque 330 000 Haïtiens expirent le 10 juillet, les exposant à une possible expulsion s'ils ne parviennent pas à obtenir un autre statut légal.

Cette décision concerne également des Syriens et des Vénézuéliens, mais c'est la communauté haïtienne qui est la plus nombreuse parmi les bénéficiaires du TPS. La Floride abrite la plus grande concentration, avec environ 158 000 Haïtiens titulaires de ce statut, principalement dans le sud de l'État. New York compte également une importante communauté.

Le secteur des soins de santé pourrait être particulièrement touché. Selon les estimations d'un élu républicain, Mike Lawler, environ un tiers des 350 000 titulaires de TPS haïtiens travaillent dans le système de santé américain. Cette proportion est confirmée par les données disponibles. Ces travailleurs occupent des postes cruciaux dans les hôpitaux, les maisons de retraite et les services d'aide aux personnes handicapées intellectuelles.

Des parlementaires des deux bords politiques ont mis en garde contre une crise imminente. « Immédiatement mettre fin au TPS créera une crise dans nos hôpitaux, nos maisons de retraite et dans la communauté des personnes handicapées intellectuelles », a déclaré Mike Lawler sur le réseau social X. De son côté, la représentante démocrate Ayanna Pressley a souligné que « les personnes âgées perdront leurs soignants alors que nous sommes déjà confrontés à une crise des soins ».

Des experts en immigration et en santé publique s'inquiètent que cette mesure n'aggrave une pénurie déjà existante de personnel soignant. Les travailleurs sous TPS représentent environ 15 % de l'ensemble des travailleurs de la santé non citoyens. Leur départ forcé pourrait laisser des postes vacants difficiles à pourvoir, en particulier dans les établissements qui dépendent fortement de cette main-d'œuvre.

L'administration Trump justifie cette décision par sa politique de restriction de l'immigration. Le TPS était initialement conçu comme une mesure temporaire pour les ressortissants de pays en crise, mais il avait été renouvelé à plusieurs reprises. La décision de la Cour suprême met fin à cette pratique pour les Haïtiens, ouvrant la voie à des expulsions. Les défenseurs des droits des immigrés dénoncent une mesure aux conséquences humanitaires et économiques désastreuses.

L'impact pourrait se faire sentir rapidement après l'expiration des permis de travail, le 10 juillet. Les autorités locales de New York et de Floride, où la main-d'œuvre haïtienne est particulièrement présente, devront trouver des solutions pour pallier le départ potentiel de milliers de soignants.