Moins d’un mois après l’entrée en vigueur du règlement européen sur les retours, un calendrier concret se dessine. La Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a indiqué dans un entretien accordé à un quotidien économique britannique que le premier « centre de retour » pourrait voir le jour hors d’Europe « d’ici à un an », soit entre 2026 et 2027. « D’ici peu émergera un groupe de pays, une sorte de coalition de volontaires, qui sera soutenu par la Commission », a-t-elle précisé.

Ce dispositif est l’un des piliers du nouveau règlement que le Parlement européen a définitivement adopté au début du mois de juin. Il remplace la directive de 2008 et autorise les Vingt-Sept à conclure des accords avec des États tiers afin d’y installer des centres de rétention pour les migrants faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire. Les mineurs non accompagnés sont exclus de ce mécanisme. Le texte précise que ces accords ne peuvent être passés qu’avec des pays qui respectent les droits humains, le droit international et le principe de non-refoulement.

Le Danemark fait partie des États membres les plus actifs sur ce sujet. Dès 2021, le gouvernement danois avait engagé des discussions avec le Rwanda pour y établir un centre de retour, avant de devoir renoncer face à l’opposition intérieure et aux critiques des organisations de défense des droits de l’homme. Depuis, Copenhague a recentré sa stratégie sur des projets portés au niveau européen.

L’Italie a pour sa part déjà expérimenté une forme d’externalisation. En 2023, la Première ministre Giorgia Meloni avait signé un accord avec l’Albanie pour l’ouverture de deux centres destinés à traiter les demandes d’asile et à organiser des retours. Ces installations, bien que situées hors de l’Union, sont différentes des « hubs de retour » prévus par le nouveau règlement, qui eux ne sont pas liés au pays d’origine du migrant.

Les contours précis de la future coalition de pays volontaires restent à définir. Mette Frederiksen appelle à une mise en œuvre rapide, estimant que la première structure pourrait être inaugurée dans un délai d’un an. Ce calendrier dépendra toutefois des négociations avec les pays tiers candidats et des garanties exigées par la Commission européenne en matière de respect des droits fondamentaux.

Ce nouveau cadre réglementaire et les déclarations de la dirigeante danoise interviennent dans un contexte où plusieurs États européens cherchent à durcir leur politique migratoire, tout en faisant face à des critiques récurrentes d’organisations humanitaires et de certaines formations politiques sur les risques de violations des droits des migrants.