Le gouvernement tente de débloquer une situation législative jugée critique pour l'avenir du dispositif «Territoires zéro chômeur de longue durée». Alors que la proposition de loi destinée à inscrire durablement dans le droit l'expérimentation menée depuis près d'une décennie doit être soumise à l'examen du Sénat, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a pris la plume pour exhorter les sénateurs à garantir la continuité du programme.

Dans une lettre adressée aux parlementaires de la chambre haute, le ministre rappelle que l'enjeu porte sur environ 4 000 postes de travail. Ce chiffre illustre l'ampleur de l'initiative, qui vise à proposer un emploi à des personnes privées d'activité professionnelle depuis longtemps, en s'appuyant sur des structures locales. Le courrier du ministre intervient alors que le texte doit être débattu, marquant une étape cruciale pour la pérennisation d'une politique expérimentale lancée sur plusieurs territoires.

Un dispositif né d'une expérimentation de dix ans

Lancé il y a dix ans, le programme «Territoires zéro chômeur de longue durée» repose sur un principe simple : offrir un contrat de travail à des chômeurs de très longue durée, en finançant les emplois grâce aux économies réalisées sur les allocations chômage et autres aides sociales. L'expérimentation, menée dans une soixantaine de zones, a permis à des milliers de personnes de retrouver une activité, souvent dans des associations ou des entreprises de l'économie sociale et solidaire.

Le texte examiné par le Sénat vise à transformer cette expérience en un droit permanent, permettant à de nouveaux territoires de rejoindre le dispositif. Mais son examen a suscité des débats, certains élus s'interrogeant sur son coût et son efficacité. Le ministre du Travail cherche à lever ces réticences en soulignant l'urgence de la situation pour les bénéficiaires actuels.

Un appel à la responsabilité

Dans son courrier, Jean-Pierre Farandou insiste sur la nécessité de ne pas laisser les personnes concernées sans solution. «Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ces emplois», aurait-il écrit, en substance, aux sénateurs, les appelant à adopter rapidement la proposition de loi. Le ministre met en avant le bilan positif de l'expérimentation, qui a démontré sa capacité à réduire le chômage de longue durée dans les zones où elle a été mise en œuvre.

Les associations et collectivités locales engagées dans le programme suivent de près les débats parlementaires. Pour elles, l'issue du vote est cruciale : sans une adoption rapide, les financements actuels pourraient s'arrêter, menaçant directement les contrats des salariés embauchés dans le cadre du dispositif.

Ce nouvel épisode législatif intervient dans un contexte où le gouvernement cherche à renforcer ses politiques de l'emploi, alors que le chômage de longue durée reste un défi majeur pour l'exécutif. La décision des sénateurs sera scrutée avec attention par les acteurs de terrain et les milliers de bénéficiaires qui attendent une issue favorable.