Ce mardi 7 juillet 2026, la cour d'appel de Paris doit rendre son arrêt dans le dossier des assistants parlementaires des eurodéputés du Front national (devenu Rassemblement national). Marine Le Pen, figure centrale de cette affaire, saura si elle pourra être candidate à l'élection présidentielle de 2027. Le parquet général, lors de l'audience du 3 février 2026, a requis une peine de cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, une mesure qui, si elle est confirmée, la rendrait immédiatement inéligible, sans attendre un éventuel pourvoi en cassation.
En première instance, le 31 mars 2025, Marine Le Pen avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme aménageables sous bracelet électronique, à une amende de 100 000 euros et à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, pour détournement de fonds publics. La cour d'appel doit désormais statuer sur les appels interjetés par la prévenue et par d'autres condamnés, ainsi que par le parti lui-même.
Les réquisitions du parquet
Le parquet général a demandé que la peine d'inéligibilité soit maintenue dans son principe et dans sa durée, tout en proposant un allégement de la peine de prison : quatre ans de prison dont un an ferme, également aménageable sous bracelet électronique, et toujours 100 000 euros d'amende. Mais la demande d'exécution provisoire de l'inéligibilité est cruciale : elle signifie que, même si Marine Le Pen devait se pourvoir en cassation, la peine s'appliquerait immédiatement, la rendant de fait inéligible pour le scrutin présidentiel de 2027.
Le soutien de Marion Maréchal
Dans l'attente du verdict, des figures politiques ont pris la parole. Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen et ancienne députée européenne, a apporté un soutien public à sa tante. « Je sais que rien ne s'arrêtera pour toi », a-t-elle déclaré, témoignant de la solidarité familiale et politique dans un moment jugé décisif.
Les enjeux politiques
Cette affaire dépasse le strict cadre judiciaire. Marine Le Pen, candidate à la présidentielle pour la quatrième fois, après 2012, 2017 et 2022, voit son avenir politique suspendu à la décision des juges. Si la peine d'inéligibilité avec exécution provisoire est confirmée, elle ne pourrait pas se présenter en 2027, ce qui rebattrait les cartes du paysage politique français. Plusieurs scénarios sont envisagés : une confirmation pure et simple de la peine de première instance, un allègement, ou une annulation de l'inéligibilité. La cour d'appel doit rendre son arrêt à partir de 13h30 au palais de justice de l'île de la Cité. Marine Le Pen, interrogée il y a quelques jours, avait déclaré « ne pas avoir peur » de cette échéance judiciaire.