Le processus de sortie de guerre entre les États-Unis et l'Iran connaît une nouvelle volte-face. Alors que la communauté internationale attendait l'ouverture de pourparlers techniques à Genève, la Maison-Blanche a fait savoir dans la soirée du jeudi 18 juin que le vice-président américain, J.D. Vance, ne se rendrait pas en Suisse pour les discussions prévues. « Les aspects logistiques de ces négociations n'ont jamais été simples ni prévisibles. Pour l'instant, le vice-président ne part pas ce soir », a déclaré un porte-parole de l'exécutif américain, cité par plusieurs sources concordantes. Le même responsable a toutefois indiqué que Washington espérait « entamer les discussions techniques dès que possible ».
L'annonce survient au terme d'une journée marquée par des signaux contradictoires. Quelques heures plus tôt, J.D. Vance s'exprimait lors d'un point presse à la Maison-Blanche, où il défendait l'accord préliminaire conclu entre Washington et Téhéran. Interrogé sur la date de son départ, il avait alors déclaré que son « plan était de se rendre en Suisse », mais qu'il ne savait pas « exactement quand ». Selon lui, les « négociations techniques devaient débuter ce week-end – c'est toujours le plan – mais cela pourrait changer ». Ces propos, rapportés par plusieurs médias, contrastent avec la décision finale de la Maison-Blanche.
Un accord signé à distance
Ce report intervient dans un contexte diplomatique complexe, marqué par une modification inattendue du protocole de signature de l'accord. Alors que l'administration américaine avait initialement prévu une cérémonie de signature en présentiel à Genève, l'Iran a annoncé, par l'intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, que son président avait « signé numériquement » le mémorandum d'entente liant les deux pays. Selon des informations reprises par les médias d'État iraniens, la cérémonie de signature en Suisse a été annulée.
De son côté, le président Donald Trump a apposé sa signature sur le document pour la deuxième fois dans la soirée de mercredi 17 juin, après l'avoir déjà signé numériquement le dimanche précédent. Cette seconde signature a eu lieu au château de Versailles, peu avant son départ de France où il participait au sommet du G7. Le président est rentré à la Maison-Blanche tôt jeudi matin.
Des négociations techniques dans l'attente
La délégation américaine, dont le départ était initialement prévu jeudi soir, devait être conduite par J.D. Vance. Elle était chargée de négocier les modalités de mise en œuvre de l'accord en 14 points conclu entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. L'absence de date de report pour la mission du vice-président alimente les interrogations sur l'agenda des futures discussions.
Dans une déclaration officielle, la Maison-Blanche a précisé que « les plans pour les prochaines discussions techniques n'ont pas été finalisés, et la délégation américaine est prête à partir dès que la première occasion se présentera ». Cette formulation vise à rassurer sur la continuité du processus, tout en reconnaissant les difficultés d'organisation.
Un contexte sécuritaire toujours tendu
Parallèlement à ces développements diplomatiques, la situation militaire sur le terrain demeure précaire. Le Hezbollah, mouvement armé libanais soutenu par Téhéran, a revendiqué vendredi la destruction de trois chars israéliens Merkava à l'aide de missiles guidés, affirmant que les affrontements se poursuivaient. Ces annonces interviennent quelques heures après que les médias d'État libanais ont rapporté que des frappes israéliennes dans le sud du pays avaient tué trois personnes.
Ces combats se déroulent au lendemain de la signature de l'accord entre les États-Unis et l'Iran, qui prévoit, selon les termes de l'accord divulgués, la fin du conflit sur tous les fronts, y compris au Liban. La simultanéité de ces événements souligne la fragilité du cessez-le-feu en cours de négociation.
Des révélations sur les inspections nucléaires
Dans un autre volet, l'envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, a informé des membres du Congrès que l'Iran inviterait l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à inspecter ses sites nucléaires. Selon deux personnes familières de cette réunion à huis clos, s'exprimant sous couvert d'anonymat, l'Iran devrait également commencer les travaux d'identification et de localisation des matières enrichies, qui seraient enfouies sous des décombres.
Steve Witkoff a précisé que l'accord conclu ne comprenait pas d'accords parallèles, mais qu'une lettre annexe avait été rédigée entre Téhéran et l'AIEA, étendant cette invitation. Cette lettre, adressée au directeur général de l'instance, Rafael Mariano Grossi, devrait permettre aux inspecteurs américains de se rendre en Iran.
Des besoins financiers colossaux
Alors que les négociations se poursuivent, le Pentagone a informé les parlementaires américains d'un besoin de financement de 80 milliards de dollars pour couvrir les coûts de la guerre en Iran ainsi que d'autres dépenses non liées au conflit. Le secrétaire adjoint à la Défense, Stephen Feinberg, a communiqué ce chiffre lors d'appels téléphoniques avec des élus cette semaine, selon des informations rapportées par le Wall Street Journal.
Par ailleurs, un groupe de sénateurs tente de bloquer les fonds de déplacement du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, jusqu'à ce que le Pentagone remette plusieurs rapports en retard, notamment l'enquête sur un raid meurtrier contre une école primaire en Iran, survenu au début du conflit.
En l'absence de calendrier précis pour la reprise des pourparlers, l'avenir immédiat de l'accord américano-iranien reste suspendu à la résolution des questions logistiques et à la volonté des deux parties de maintenir le cap diplomatique.