Le déplacement du vice-président américain JD Vance en Suisse, prévu pour entamer des négociations directes avec des représentants iraniens, a été reporté. La Maison-Blanche a indiqué en fin de journée jeudi que le vice-président ne s'envolerait pas ce soir-là, évoquant des « difficultés logistiques » imprévues. Ce contretemps jette un doute sur le calendrier des discussions techniques qui doivent permettre de concrétiser l'accord de principe signé entre Washington et Téhéran.

Un départ repoussé sine die

Dans un communiqué, un porte-parole de la présidence américaine a déclaré : « Les aspects logistiques de ces négociations n'ont jamais été simples ni prévisibles. Pour l’instant, le vice-président ne part pas ce soir. Nous sommes impatients de commencer les discussions techniques dès que possible. » La délégation américaine, qui était prête à partir, reste en attente d'une nouvelle fenêtre de départ.

Plus tôt dans la journée, JD Vance avait lui-même exprimé des réserves lors d'un point presse à la Maison-Blanche, indiquant qu'il ignorait s'il se rendrait bien en Suisse le vendredi. Il avait précisé que son « plan était d'aller en Suisse » mais qu'il ne savait pas « exactement quand », ajoutant que les « négociations techniques devaient débuter ce week-end — c'est toujours le plan — mais cela pourrait changer ». Le voyage devait initialement comprendre une cérémonie de signature de l'accord.

Un accord déjà signé numériquement

L'incertitude entourant le voyage de M. Vance intervient alors que les modalités de la signature finale ont déjà été modifiées. Alors que l'administration américaine avait annoncé qu'une cérémonie officielle se tiendrait vendredi en Suisse, le ministère iranien des Affaires étrangères a fait savoir que le président iranien avait « signé numériquement » le mémorandum d'entente entre les deux pays et que la cérémonie prévue était annulée, selon des médias d'État iraniens.

De son côté, le président américain Donald Trump a apposé sa signature pour la deuxième fois sur le document mercredi soir — après l'avoir signé numériquement dimanche — au palais de Versailles, avant de quitter la France où il participait au sommet du G7. Il est rentré à la Maison-Blanche tôt jeudi matin.

Des enjeux techniques majeurs

L'accord à 14 points, qui vise à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient sur l'ensemble des fronts, y compris au Liban, doit maintenant être décliné en mesures concrètes. Selon des informations rapportées par des personnes informées des échanges à huis clos, l'émissaire américain Steve Witkoff a indiqué aux membres du Congrès que l'Iran inviterait l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à inspecter ses sites nucléaires. Téhéran commencerait également à identifier et à localiser les stocks de matières enrichies, qui seraient enfouis sous des décombres.

M. Witkoff a précisé, lors d'un briefing à huis clos, que l'accord ne comprenait aucun accord parallèle, mais qu'une lettre séparée avait été rédigée entre Téhéran et l'AIEA pour officialiser cette invitation. Cette lettre, destinée au directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi, lui permettrait d'emmener des inspecteurs nucléaires américains à Téhéran.

Des combats persistants

Malgré l'accord de principe, les affrontements se poursuivent sur le terrain. Le Hezbollah, mouvement armé soutenu par l'Iran, a affirmé vendredi avoir détruit trois chars israéliens dans le sud du Liban, tandis que les médias d'État libanais rapportaient que des frappes israéliennes avaient tué trois personnes dans la même région. Ces violences illustrent la fragilité de la trêve en attendant l'entrée en vigueur des clauses opérationnelles de l'accord.

Besoin de financement supplémentaire

Parallèlement, le Pentagone a informé les parlementaires américains qu'il aurait besoin de 80 milliards de dollars supplémentaires pour couvrir les coûts de la guerre en Iran ainsi que d'autres dépenses non liées au conflit, selon des informations relayées par des sources proches du dossier. Le secrétaire adjoint à la Défense, Stephen Feinberg, a présenté ces besoins aux législateurs lors d'appels téléphoniques cette semaine.

Enfin, des sénateurs cherchent à bloquer les fonds de déplacement du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, tant que le Pentagone n'aura pas remis plusieurs rapports en retard au Congrès, notamment l'enquête sur une frappe meurtrière contre une école primaire en Iran au début du conflit.