Le vice-président américain J.D. Vance a ouvert dimanche un nouveau cycle de négociations de paix avec l'Iran sur les rives du lac des Quatre-Cantons, en Suisse. Dans un message volontairement conciliant, il a tendu la main aux négociateurs iraniens. Mais cet élan diplomatique a été immédiatement contredit par le président Donald Trump, qui a menacé sur les réseaux sociaux de bombarder de nouveau l'Iran si Téhéran ne contrôlait pas son allié libanais, le Hezbollah.
Un message contradictoire
Cette divergence illustre les difficultés de l'administration américaine à parler d'une seule voix dans un dossier aux multiples facettes. La rencontre au sommet de Lucerne visait officiellement à sceller un accord sur le programme nucléaire iranien. Cependant, les discussions ont rapidement dérivé vers deux autres crises : la poursuite des affrontements entre Israël et le Hezbollah au Liban, et le blocage contesté du détroit d'Ormuz.
Dans un message posté sur son compte personnel, Donald Trump a accusé l'Iran de « causer des problèmes » par l'intermédiaire de ses supplétifs libanais. « S'ils ne cessent pas, nous les frapperons de nouveau avec force », a écrit le président américain.
La trêve libanaise en échec
Le Hezbollah et Israël ont échangé des tirs samedi, brisant la trêve pourtant annoncée vendredi. L'Iran estime que les États-Unis n'ont pas respecté leur part du marché en ne faisant pas cesser les hostilités. Or, ni Israël ni le Hezbollah ne font partie de l'accord préliminaire signé par Washington et Téhéran la semaine dernière. Cette situation compromet le principal bénéfice escompté de cet accord : la réouverture du détroit d'Ormuz.
Le détroit d'Ormuz, clé de voûte
Samedi, l'Iran a annoncé la fermeture de ce passage stratégique pour le transport pétrolier, en réaction aux combats persistants au Liban. La marine américaine a immédiatement contesté cette fermeture, affirmant que le trafic maritime continuait de s'écouler normalement et que Téhéran n'avait pas le contrôle effectif du détroit. Ce bras de fer ajoute une pression supplémentaire sur les négociateurs réunis en Suisse.
Des discussions à plusieurs niveaux
Autour de la table, J.D. Vance était entouré de l'envoyé spécial Steve Witkoff, du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et du chef de l'armée pakistanaise, le général Asim Munir. Cette configuration multilatérale témoigne des efforts pour impliquer des pays tiers dans la médiation. Le Pakistan, proche de l'Arabie saoudite et doté de l'arme nucléaire, joue un rôle de facilitateur.
Un sommet sous tension
Malgré les menaces présidentielles, les délégations américaine et iranienne ont entamé leurs entretiens dans un hôtel grand luxe dominant le lac. J.D. Vance a cherché à donner le ton en évoquant une « main tendue ». Mais la défiance demeure : Téhéran reproche à Washington de ne pas avoir respecté la première phase de l'accord, tandis que Trump menace de recourir à la force pour faire respecter ses exigences.
Les prochains jours seront décisifs pour savoir si la voie diplomatique peut l'emporter sur la tentation militaire, et si l'équilibre fragile entre la main tendue et la menace de bombardement peut déboucher sur une issue négociée.