Le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, a atterri dimanche 21 juin en Suisse pour entamer un nouveau cycle de discussions avec la République islamique d'Iran. Selon son porte-parole, J.D. Vance et son épouse ont touché le sol helvétique à 5 h 59 locales (3 h 59 GMT) sur le tarmac de la base aérienne d'Emmen, située près de Lucerne, dans le centre du pays.

Ces pourparlers interviennent quatre jours après la signature d'un protocole d'accord visant à mettre un terme aux hostilités. Les négociateurs disposent désormais d'une fenêtre de 60 jours, potentiellement renouvelable, pour se mettre d'accord sur les aspects techniques de l'accord-cadre. La délégation iranienne, dirigée par le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, est également sur place. Des représentants du Pakistan et du Qatar, qui agissent en tant que médiateurs, participent aux discussions.

Priorités américaines et obstacles

Avant de prendre son vol à destination de l'Europe, J.D. Vance a déclaré aux journalistes espérer « faire des progrès sur la question nucléaire et faire des progrès sur la question du cessez-le-feu au Liban ». Il a précisé que ces deux dossiers constituaient les principaux axes de travail de ce cycle de négociations.

Cependant, les pourparlers s'ouvrent dans un climat tendu. Une première rencontre prévue le vendredi précédent avait été reportée au dernier moment, après que l'armée israélienne a mené des frappes meurtrières au Liban en riposte à la mort de quatre de ses soldats au combat. Par ailleurs, le commandement militaire conjoint iranien a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz, invoquant les attaques israéliennes au Liban ainsi que ce qu'il qualifie de « mauvaise foi » américaine et de « rupture claire de ses engagements » pour ne pas avoir mis fin à la guerre.

Menaces de péage et enjeux économiques

Parallèlement, le président Donald Trump a averti que les États-Unis pourraient imposer un péage sur le détroit d'Ormuz si les négociateurs ne parvenaient pas à finaliser un accord. Le détroit, l'un des passages maritimes les plus stratégiques au monde, voit transiter une part significative du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié destinés aux marchés mondiaux. La réouverture de cette voie d'eau constituait pourtant l'un des engagements clés du protocole d'accord initial.

Les discussions, qui se tiennent dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, visent à construire un accord fragile dont les implications sont considérables pour l'économie mondiale et la sécurité régionale. Les deux camps doivent désormais entamer un sprint de 60 jours pour transformer l'accord-cadre en un traité détaillé, alors que les obstacles sur le terrain restent nombreux.