Londres s'apprête à célébrer l'une des figures les plus reconnaissables de l'histoire de l'art avec une vaste exposition consacrée à Frida Kahlo. Intitulée « Frida : The Making of an Icon », celle-ci ouvrira ses portes au public le 25 juin à la Tate Modern et se poursuivra jusqu'au 3 janvier 2027.

Plus de soixante-dix ans après sa disparition survenue en 1954, l'artiste née en 1907 à Coyoacán, aujourd'hui intégré à Mexico, conserve une popularité mondiale. Fille d'un immigré allemand et d'une mère d'ascendance espagnole et purépecha, elle a vu sa vie marquée très tôt par la douleur. Après avoir contracté la polio durant son enfance, un grave accident de bus à l'âge de 18 ans lui a infligé des blessures irréversibles, anéantissant son projet de devenir médecin. C'est pendant sa longue convalescence qu'elle a commencé à peindre, installant un chevalet spécial et un miroir au-dessus de son lit.

L'exposition londonienne met en avant la franchise sans compromis de Kahlo, qui rejetait les canons de beauté féminins. Ses autoportraits, qui constituent la majorité de son travail, ne cherchent pas l'idéalisation ; ils représentent son corps avec une honnêteté brutale, explorant son handicap et ses souffrances physiques. L'artiste, ouvertement bisexuelle et politiquement engagée, a su transformer son vécu en un langage visuel puissant. Sa célèbre monocil et ses couronnes de fleurs sont devenues des signes distinctifs instantanément reconnus à travers le monde, tandis que ses toiles atteignent des millions lors des ventes aux enchères.

Outre Kahlo, la semaine artistique est également marquée par l'œuvre du peintre paysagiste britannique John Constable et par un accueil particulier réservé à l'artiste lituanienne Aleksandra Kasuba en Cornouailles. La critique de l'exposition, tout en saluant l'ampleur de l'hommage, émet toutefois le souhait de voir davantage d'œuvres originales, au-delà du mythe construit autour de la figure de l'artiste. Le portrait « Self-Portrait (With Velvet Dress) » de 1926, ainsi que la nature morte « Still Life (I Belong to Samuel Fastlich) » de 1951, comptent parmi les pièces présentées.

L'exposition se déroule dans un contexte où l'intérêt pour l'artiste mexicaine ne faiblit pas, confirmant sa place singulière dans l'histoire culturelle. La Tate Modern offre ainsi une plateforme de premier plan pour interroger la fabrication d'une icône, tout en exposant la profondeur et l'originalité d'une œuvre née de la douleur.