Un pétrolier a pris feu lundi soir au large des côtes omanaises après avoir été frappé par un projectile, selon les informations fournies par les autorités maritimes britanniques. Cet incident survient dans un contexte de négociations fragiles entre les États-Unis et l'Iran visant à mettre un terme au conflit déclenché fin février.
L'United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) a signalé qu'un navire-citerne se déplaçant vers le sud, à environ 15 kilomètres des côtes de Limah, à Oman, a été heurté sur son flanc gauche par un projectile, provoquant un incendie à bord. Des sources américaines non identifiées, citées par l'agence Axios, affirment que les Gardiens de la révolution iraniens ont tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux traversant le détroit d'Ormuz, causant des dégâts importants sur deux bâtiments, sans faire de victimes. Il n'est pas établi si l'un de ces navires est le même que celui signalé par l'UKMTO.
Des informations concordantes, provenant de sources non identifiées, indiquent que le navire touché est un pétrolier qatari nommé Al Rekayyat, transportant du gaz naturel liquéfié (GNL). L'équipage serait sain et sauf, mais le navire présenterait un risque d'explosion en raison d'un incendie dans sa salle des machines, selon une source informée de l'incident. Un deuxième bâtiment, un pétrolier battant pavillon saoudien, aurait également été endommagé lors de ces tirs.
Des interprétations divergentes sur les causes
La télévision iranienne a diffusé des informations selon lesquelles le pétrolier aurait été attaqué après avoir ignoré des avertissements, sans que Téhéran revendique officiellement l'opération. Ni le Commandement central américain (CENTCOM), ni les Gardiens de la révolution n'ont commenté ces événements. Hossein Royvaran, un analyste basé à Téhéran, avance que le pétrolier qatari pourrait avoir été visé parce qu'il serait entré dans une zone où les équipes iraniennes procèdent à des opérations de déminage. « La zone près d'Oman est probablement remplie de mines », explique-t-il, suggérant que les mouvements du navire auraient pu menacer ces équipes.
Un enjeu central des pourparlers de paix
Ces frappes interviennent alors que les négociations entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre, qui a débuté le 28 février, se trouvent dans une phase délicate. L'une des principales pierres d'achoppement des discussions porte sur le statut du détroit d'Ormuz, que l'Iran avait effectivement fermé à la navigation commerciale après le début des frappes américano-israéliennes. Les dispositions relatives au passage dans ce corridor stratégique restent floues dans les accords en cours, alimentant les tensions.
Les attaques surviennent également pendant les jours de cérémonies funéraires pour l'ancien guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors des frappes du 28 février. Ce contexte rend les négociations encore plus sensibles, alors que la communauté internationale craint une escalade qui compromettrait la stabilité régionale et la sécurité de l'une des voies maritimes les plus importantes au monde.