La présidente du groupe parlementaire Rassemblement national (RN) a annoncé, lors d'un entretien télévisé en première partie de soirée, son intention de se porter candidate à l'élection présidentielle française de 2027. Cette déclaration intervient quelques heures après que la cour d'appel de Paris a confirmé sa condamnation pour détournement de fonds européens, tout en allégeant la peine d'inéligibilité qui la menaçait.

Dans cet entretien accordé à la chaîne TF1, Marine Le Pen a affirmé qu'elle entendait « poursuivre toutes les voies légales pour défendre (son) innocence ». Elle a précisé qu'elle formerait un recours devant la Cour de cassation, la plus haute juridiction civile du pays. Ce pourvoi a pour effet de suspendre l'exécution de la peine, y compris l'obligation de porter un bracelet électronique pendant un an, initialement prévue par le jugement d'appel.

Une campagne sans bracelet électronique

La dirigeante de 57 ans avait auparavant déclaré à plusieurs reprises qu'elle ne mènerait pas campagne si elle devait porter un bracelet électronique. « J’avais indiqué que je ne ferais pas campagne avec un bracelet. Mais puisque j’ai la possibilité de faire appel… et que le gouvernement suspend les effets du jugement, je ferai donc campagne sans bracelet », a-t-elle expliqué. « Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle », a-t-elle ajouté.

La cour d'appel a réduit l'interdiction d'exercer des fonctions publiques à 45 mois, dont 30 mois avec sursis. Les 15 mois fermes devraient être rétroactifs à compter du premier jugement rendu en mars de l'année précédente. Le tribunal de première instance avait infligé une interdiction de cinq ans et deux ans de prison, ce qui aurait exclu Marine Le Pen de la course à l'Élysée.

Un tandem avec Jordan Bardella

Interrogée sur son avenir aux côtés du président du RN, Jordan Bardella, âgé de 30 ans, Marine Le Pen a esquissé la configuration d'un futur exécutif en cas de succès aux urnes. « Nous avons un partenariat solide, nous nous complétons », a-t-elle déclaré, avant de préciser qu'elle serait présidente et qu'il occuperait le poste de Premier ministre. Cette annonce met fin aux spéculations selon lesquelles elle pourrait laisser la place au jeune dirigeant pour mener la campagne.

« Les épreuves que nous avons traversées nous ont rendus plus forts, tant dans la volonté que dans la qualité de notre travail commun », a-t-elle ajouté, évoquant une collaboration fondée sur des convictions partagées.

Un parcours électoral bien rodé

Marine Le Pen briguera la présidence pour la quatrième fois. Arrivée deuxième en 2017 et 2022 derrière Emmanuel Macron, elle avait échoué à se qualifier pour le second tour en 2012. Fille de l'ancien leader d'extrême droite Jean-Marie Le Pen, elle dirige le principal parti nationaliste français depuis 2011.

Interrogée sur la possibilité qu'elle renonce à se présenter, elle a répondu : « Non, il n’y en a pas. Je suis ici ce soir pour vous dire que je suis candidate à l’élection de 2027. » Elle a précisé que sa campagne débuterait immédiatement pour « entamer la renaissance de la France ».

Les suites judiciaires

La Cour de cassation devra se prononcer sur le pourvoi formé par la dirigeante. Si la haute cour confirmait la condamnation, celle-ci deviendrait définitive. Marine Le Pen a indiqué que, le cas échéant, « les Français seront juges, car la bonne nouvelle de ce soir est qu’ils seront libres de choisir ».